
Le cercle de Nampala, zone hautement stratégique située aux confins de la Mauritanie et du Mali, est à nouveau le théâtre d’une tragédie humaine. Ce vendredi 6 mars 2026, une opération menée par les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs instructeurs russes de l’Africa Corps a viré au drame. Sept personnes, qui venaient de franchir la frontière en provenance du territoire mauritanien, ont perdu la vie dans des conditions que les populations locales qualifient d’exécutions sommaires.
Alors que Bamako garde le silence sur cet incident, les témoignages des survivants et des organisations de défense des droits humains brossent le portrait d’une bavure sanglante contre des populations civiles.
Une interception meurtrière sur la route des foires
Les faits se sont déroulés dans la localité d’Ahl El Kory, un point de passage névralgique où convergent les régions de Ségou, Mopti et Tombouctou. Deux véhicules transportant des commerçants et des voyageurs avaient quitté la ville mauritanienne de Fassala pour se rendre à une foire hebdomadaire près de Tenenkou, au Mali. Selon les récits recueillis auprès des rescapés, le convoi a été intercepté par une patrouille mixte composée de soldats maliens et d’éléments de l’Africa Corps, la structure ayant succédé au groupe Wagner sous la tutelle directe du Kremlin. La panique s’est emparée des passagers face à la nervosité des hommes en uniforme, déclenchant une réaction d’une violence extrême.
Des exécutions sommaires dénoncées par les survivants
D’après les informations recoupées par l’organisation locale CD-DPA et plusieurs notables de la région, la situation a basculé lorsque certains passagers ont tenté de s’enfuir. Le bilan est effroyable : six personnes ont été abattues par balles à bout portant, tandis qu’une septième victime a été égorgée. Les corps, abandonnés sur place, ont été filmés de nuit par des habitants de la zone, et les images circulant depuis lors semblent confirmer la thèse d’exécutions délibérées sur des individus non armés. Les victimes appartiendraient toutes à la communauté peule, régulièrement prise pour cible dans cette région où l’armée traque les membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).
Le mutisme des autorités et le nouveau visage de la coopération russe
Malgré la gravité des accusations, l’état-major malien n’a publié aucun communiqué pour clarifier les circonstances de cette opération. Ce silence intervient dans un contexte de transition sécuritaire complexe pour Bamako. Depuis que l’Africa Corps a officiellement remplacé le groupe Wagner en juin 2025, le rythme des opérations russes semble avoir ralenti, les nouvelles unités étant plus étroitement subordonnées aux décisions stratégiques de Moscou. Pour les observateurs, cet incident souligne une fois de plus la difficulté pour les forces conjointes de distinguer les civils des groupes armés terroristes dans des zones de conflit asymétrique, exacerbant les tensions ethniques et le sentiment d’insécurité aux frontières.




