Côte d’Ivoire : élima veut mettre le numérique au service de la réussite scolaire


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Côte d’Ivoire : l’EdTech élima retenue au Web Summit 2026.
Côte d’Ivoire : l’EdTech élima retenue au Web Summit 2026.

Cofondée par Maryse Kouassi, entrepreneuse de la diaspora ivoirienne, et le Dr Aboubacar Tuo, la startup EdTech franco-ivoirienne élima ambitionne de faciliter la gestion des établissements scolaires et le suivi des élèves grâce au numérique. Sélectionnée pour le programme Impact Startup du Web Summit 2026, organisé du 9 au 12 novembre à Lisbonne, elle compte y rencontrer partenaires et financeurs pour se développer en Afrique, à commencer par la Côte d’Ivoire.

En Côte d’Ivoire, où le ministère de l’Éducation nationale a lancé en octobre 2024 une Stratégie nationale de digitalisation de l’éducation (SNDECI 2024-2028) chiffrée à 220,7 milliards de francs CFA, élima mise sur des outils adaptés aux besoins des écoles et des familles. Son projet associe une application d’apprentissage déjà disponible sur Google Play et une plateforme de gestion scolaire dont les premières expérimentations doivent débuter prochainement. À quelques jours du Web Summit de Lisbonne, sa cofondatrice revient pour Afrik sur la genèse du projet et sur ce qu’élima doit encore démontrer sur le terrain.

Afrik.com : Comment est née élima et à quel besoin concret des établissements scolaires ivoiriens souhaitez-vous répondre en priorité ?

Maryse Kouassi : J’ai cofondé élima avec le Dr Aboubacar Tuo autour d’une ambition : mettre le numérique au service du quotidien des établissements scolaires et de la réussite des élèves, en commençant par la Côte d’Ivoire.

Notre point d’entrée est la gestion scolaire et la circulation de l’information entre l’établissement et les familles. L’objectif est de faciliter le suivi des élèves, des notes, des absences et des frais de scolarité, tout en permettant aux parents de mieux accompagner leurs enfants.

Pour moi, la valeur du numérique se mesure à son utilité : une information disponible au bon moment, une démarche simplifiée, une difficulté scolaire repérée plus tôt. C’est autour de ces besoins que nous construisons élima.

Où en êtes-vous aujourd’hui dans le développement : quelles fonctionnalités sont déjà opérationnelles et lesquelles sont encore en préparation ?

Maryse Kouassi : Il faut distinguer deux volets de notre projet. Elima Learning, notre application dédiée à l’apprentissage et à la révision, est disponible sur Google Play. En parallèle, nous développons l’offre destinée aux établissements scolaires, autour de la gestion administrative et pédagogique, de la communication avec les familles et du suivi financier.

Nous avons franchi une étape importante : nos pilotes sont prêts à être déployés. Nous avons également identifié des écoles candidates avec lesquelles nous allons pouvoir réaliser nos preuves de concept, ou PoC. Ces expérimentations permettront de confronter la solution au fonctionnement quotidien des établissements, de valider les usages et d’identifier les ajustements nécessaires avant un déploiement plus large.

L’analyse des données éducatives et l’aide au repérage des difficultés scolaires font partie de nos axes de développement. Sur ces sujets, notamment lorsqu’ils mobilisent l’intelligence artificielle, notre ambition doit s’accompagner d’une évaluation rigoureuse de l’utilité des outils.

Combien d’établissements, d’enseignants et d’élèves utilisent actuellement votre plateforme, dans quels pays et dans quel cadre : expérimentation, partenariat ou abonnement payant ?

Maryse Kouassi : Il est essentiel de distinguer les utilisateurs individuels d’Elima Learning des établissements qui utiliseront notre plateforme de gestion scolaire. Les premiers utilisateurs de l’application viennent principalement de France et de Côte d’Ivoire.

Pour le volet établissements, nous avons des écoles candidates pour les premières expérimentations. Les pilotes sont prêts au déploiement : la prochaine étape consiste à mettre en œuvre les preuves de concept avec ces écoles.

Nous distinguons donc les établissements candidats des utilisateurs déjà actifs. À ce stade, nous ne communiquons pas encore de chiffres consolidés d’établissements, d’enseignants ou d’élèves utilisateurs. Ces expérimentations permettront de documenter précisément l’utilisation de la plateforme dans les conditions réelles du terrain.

Quels premiers retours avez-vous recueillis auprès des utilisateurs ? Pouvez-vous donner un exemple concret de ce qu’élima a changé dans le quotidien d’un établissement ?

Maryse Kouassi : Les premiers retours sur Elima Learning sont positifs. Nous en avons recueilli lors de présentations et de tests à Châteauroux, ainsi qu’à Paris et plus largement en Île-de-France. Des utilisateurs en Côte d’Ivoire nous ont également fait part de leurs impressions pendant la phase de test.

Depuis la mise à disposition officielle de l’application sur Google Play, nos premiers utilisateurs viennent, pour l’instant, principalement de France et de Côte d’Ivoire, même si Elima Learning est adaptée à un usage international.

Ces premiers retours sont encourageants, mais nous distinguons l’expérience individuelle de l’application de son impact dans un établissement. Nos pilotes sont prêts au déploiement et des écoles candidates sont identifiées pour réaliser les premières preuves de concept. Ces expérimentations permettront de documenter les changements concrets dans le quotidien des équipes éducatives et des familles. Il serait donc prématuré de présenter aujourd’hui un résultat déjà démontré à l’échelle d’une école.

Comment adaptez-vous votre solution aux contraintes des écoles et des familles, notamment en matière de coût, d’équipement et de connexion à Internet ?

Maryse Kouassi : L’accessibilité doit être pensée à la fois en termes de prix et de simplicité d’usage. Notre approche prévoit une plateforme web pour les établissements et le recours à des canaux familiers, comme WhatsApp, pour transmettre certaines informations aux parents. L’objectif est de limiter les démarches supplémentaires pour les familles.

Sur le plan économique, nous privilégions une offre adaptée aux effectifs et aux besoins de chaque établissement. Mais le prix de l’abonnement ne suffit pas à définir l’accessibilité : il faut aussi tenir compte de l’équipement disponible, du coût de la connexion et de l’accompagnement nécessaire.

Les expérimentations doivent nous permettre de vérifier ces conditions sur le terrain. Nous ne prétendons pas avoir déjà résolu toutes les contraintes de connectivité ; elles font partie des critères sur lesquels la solution doit être évaluée.

Vous annoncez votre sélection au programme Impact Startup du Web Summit 2026. Qu’en attendez-vous concrètement et quelles sont vos priorités de développement pour les douze prochains mois ?

Maryse Kouassi : Notre sélection comme Impact Startup représente une occasion de faire connaître élima et de rencontrer des partenaires sensibles aux enjeux éducatifs. Nous attendons de cette démarche des échanges concrets avec des acteurs de l’éducation, des partenaires technologiques et des financeurs susceptibles d’accompagner notre développement.

Pour les douze prochains mois, notre ambition est de consolider les produits, de déployer les pilotes avec les écoles candidates et de documenter leur utilité. Nous souhaitons également développer des collaborations permettant d’évaluer les usages des données éducatives et de l’intelligence artificielle.

La visibilité internationale peut ouvrir des portes. Notre priorité reste toutefois de construire une solution que les établissements et les familles puissent utiliser durablement, avec des bénéfices que nous soyons capables de démontrer.

Hélène Bailly
Spécialiste de l'actualité d'Afrique Centrale, mais pas uniquement ! Et ne dédaigne pas travailler sur la culture et l'histoire de temps en temps.
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