
Le chef de l’État sénégalais a laissé de côté le pupitre et le décor officiel. À quelques heures de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse, ce samedi soir à Diamniadio, Bassirou Diomaye Faye s’est filmé lui-même, son téléphone à bout de bras, pour parler aux Sénégalais. Il a repris un format que les jeunes utilisent tous les jours sur les réseaux sociaux. En fond sonore, on entend « Teranga », la chanson officielle des Jeux, interprétée par Mamy Mbaye.
A Dakar,
Un président au format de sa jeunesse. Ce samedi matin, Diomaye Faye est allé ur un selfie pour s’adresser à la jeunesse de son pays. Ce choix de forme n’a rien d’anodin pour un chef d’État. Le public visé par ces Jeux est justement celui qui ne regarde plus guère les journaux télévisés et s’informe d’abord sur son smartphone. En parlant comme cette génération, le président tente de la toucher là où elle se trouve. Le message, lui, reste solennel. « À partir de ce samedi, notre pays va vivre un moment historique », affirme-t-il, rappelant que l’Afrique accueille pour la première fois un événement olympique.
Chaque Sénégalais en ambassadeur
Derrière le ton détendu, la vidéo contient un appel très précis. Le président demande à ses compatriotes de recevoir les milliers de jeunes athlètes étrangers « avec l’hospitalité légendaire qui nous caractérise ». A travers ses propos, le chef de l’État sénégalais parle de l’image que le Sénégal laissera au monde. « Un renseignement donné à l’étranger, une main tendue, un sourire, c’est cela qui restera », insiste-t-il, faisant de chaque habitant de la capitale et de sa banlieue un acteur de l’accueil.
La séquence sert aussi à préparer les esprits. Les embouteillages et les restrictions de circulation risquent de compliquer le quotidien des Dakarois pendant toute la durée de la compétition. Le chef de l’État ne l’ignore pas et prend les devants. « C’est le prix à payer pour le prestige et la responsabilité que nous avons de délivrer ces Jeux », reconnaît-il. Une manière habile de désamorcer le mécontentement avant qu’il ne s’exprime sur les mêmes réseaux sociaux que ceux qu’il utilise.
Un appel à l’unité, une cérémonie sous les projecteurs
Bassirou Diomaye Faye glisse également un message plus politique. Il souhaite que l’événement enterre les clivages et rassemble le pays tout entier. « Cette fête doit être la fête de tous les Sénégalais. Nous sommes un peuple indivisible », déclare-t-il. Aux jeunes, il confie une mission particulière : « Vous êtes notre richesse. À vous de démontrer ce que nous valons, sur le terrain et en dehors ». Il se dit enfin résolument optimiste sur les chances de médailles des athlètes sénégalais engagés.
Le rendez-vous est fixé à 18h30 au stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio. Environ 11 000 participants, dont 700 danseurs, animeront la cérémonie d’ouverture, en présence du chef de l’État et de Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique. Ceux qui ne pourront pas se rendre sur place suivront le spectacle en direct sur Olympics.com et sur la chaîne YouTube des Jeux. Une diffusion numérique qui prolonge, d’une certaine façon, le pari de communication lancé par le président.








