CAN 2026 : le Sénégal retient son souffle avant la finale face au Maroc


Lecture 5 min.
Supporters Maroc et Sénégal
Supporters Maroc et Sénégal

À quelques heures du coup d’envoi de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Sénégal et le Maroc, le pays entier semble suspendu à un même battement de cœur. Partout, les rues et les ruelles se sont métamorphosées en un immense décor vert, jaune et rouge. Les Lions de la Téranga n’ont pas encore foulé la pelouse que, déjà, tout un peuple joue le match.

A Dakar,

Des rues habillées aux couleurs nationales

Dès l’aube, les drapeaux sénégalais flottent aux fenêtres, longent les façades, s’accrochent aux rétroviseurs des voitures et ondulent au-dessus des étals improvisés. Les ruelles, parfois étroites, parfois poussiéreuses, sont repeintes par touches successives de vert, de jaune et de rouge. Ici, un mur fraîchement badigeonné. Là, une banderole tendue entre deux poteaux. L’espace public est devenu un tableau vivant, vibrant, assumé.

À chaque carrefour, les drapeaux et drapelets se vendent « comme de petits pains ». Les vendeurs ambulants peinent à suivre la cadence. « On n’a jamais vu ça », sourit Moussa, un jeune Sénégalais, les bras chargés de drapeaux. « Les gens n’hésitent pas. Même ceux qui n’avaient rien prévu repartent avec un drapeau ou un bracelet ».

Une ferveur populaire qui dépasse le football

La finale de la CAN Sénégal–Maroc n’est pas seulement un rendez-vous sportif. Elle est un moment de communion nationale. Aïssatou Sow, drapeau noué autour des épaules, confie : « Ce match, c’est plus que du football. C’est notre fierté, notre image. Quand les Lions jouent, on oublie tout le reste », lance-t-elle toute folle de joie.

Dans les rues, les discussions tournent autour des compositions d’équipe, des duels clés, des souvenirs de finales passées. Mais derrière l’analyse tactique, il y a surtout une foi inébranlable. Ibrahima Diaby le résume simplement : « On sait que ce sera difficile, mais le Sénégal ne lâche jamais. La Téranga, c’est aussi sur le terrain », rappelle-t-il sur un ton ferme

Drapeaux, maillots et porte-bonheur : la panoplie du supporter

Les étals débordent de maillots verts, de bandeaux, de vuvuzelas et parfois même de petits objets porte-bonheur. Certains supporters ne laissent rien au hasard. Fatou Ndiour, toute de jaune vêtue, explique en riant : « J’ai mon maillot, mon drapeau et mon bracelet porte-bonheur. Depuis le début du tournoi, je mets toujours les mêmes choses les jours de match. On ne change pas une équipe qui gagne ».

CAN 2025 : Haute tension avant la finale Maroc-Sénégal, la fédération sénégalaise crie au scandale

Les enfants ne sont pas en reste. Peintures sur le visage, mini-drapeaux à la main, ils courent dans les ruelles en imitant les célébrations de leurs idoles. Le football se transmet ici comme un héritage. L’adversaire du soir force le respect. Le Maroc, solide, expérimenté, est perçu comme un géant du football africain. Mais la confiance sénégalaise reste intacte.

Les Lions de la Téranga, symbole d’unité nationale

Cheikh Diouf, la voix posée, affirme : « Le Maroc est fort, c’est vrai. Mais le Sénégal aussi. Une finale, ça ne se joue pas sur le papier ». Les débats sont parfois animés, mais toujours passionnés. Chacun y va de son pronostic, de son scénario idéal. Un but rapide, une maîtrise collective, une explosion de joie au coup de sifflet final. Au fil des heures, la mobilisation s’intensifie. Les klaxons résonnent déjà par intermittence. Les groupes se forment, se reforment.

Mamadou Sougou, drapeau accroché au cou, résume l’état d’esprit général : « Aujourd’hui, il n’y a pas de différences. On est tous derrière les Lions. Riches, pauvres, jeunes, vieux. Le Sénégal est un ». Cette unité est palpable. Elle se lit dans les regards, dans les sourires complices, dans les chants repris en chœur. Le football agit comme un langage commun, compris de tous. Khady Sambe, émue, confie : « J’ai le cœur qui bat trop fort. On attend ce moment depuis longtemps. Gagner, ce serait une joie immense. Mais quoi qu’il arrive, nos joueurs nous ont déjà rendus fiers ».

Attente chargée d’émotions pour un peuple déjà vainqueur dans la ferveur

À l’approche de la finale de la CAN, la tension monte, mais elle est teintée d’espoir. Le temps semble s’étirer. Chaque minute rapproche un peu plus le pays du verdict. Les écrans se préparent, les places se remplissent, les voix s’échauffent. Avant même que le ballon ne roule, le Sénégal a déjà gagné quelque chose d’essentiel : une communion populaire rare, une ferveur sincère, un sentiment d’appartenance partagé.

Ousmane, regard tourné vers l’horizon, lance : « Ce soir, les Lions joueront pour nous. Et nous, on sera là, jusqu’à la dernière seconde ». Dans les rues habillées aux couleurs nationales, sous les drapeaux qui claquent au vent, le Sénégal attend. Uni, debout, prêt à rugir.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News