CAN 2025 : Moulay El Hassan et Lalla Khadija en première ligne, l’ombre de Lalla Salma plane sur Rabat


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Le Prince Moulay Hassan pour l'ouverture de la CAN 2025 à Rabat
Le Prince Moulay Hassan pour l'ouverture de la CAN 2025 à Rabat

Au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, dimanche 4 janvier, la victoire du Maroc face à la Tanzanie (1-0) en huitième de finale s’est jouée sous les yeux de la relève royale. Le prince héritier Moulay El Hassan, 22 ans, fidèle au poste, était accompagné de sa sœur cadette, la princesse Lalla Khadija, 18 ans. Une apparition des enfants de Lalla Salma très scrutée qui contraste, une fois de plus, avec l’absence prolongée du roi Mohammed VI.

La bonne nouvelle pour le Maroc, c’est d’abord la victoire et la qualification face à la Tanzanie. Brahim Diaz a encore été décisif et le retour d’Hakimi a fait du bien à l’équipe. Mais dans le stade, les choses sont moins claires. Si la présence du Prince Moulay Hassan et de sa soeur Lalla Khadija dans la tribune officielle a été confirmée, les détails de cette apparition restent parcellaires, alimentant la curiosité des observateurs.

Le prince héritier aurait suivi « avec attention les premières minutes » explique LeSiteinfo.com, tandis qu’une vidéo relayée par Elbotola, et citée par Industries.ma avant de disparaître, aurait capturé l’émotion du duo royal lors du but libérateur de Brahim Díaz à la 64e minute. Mais aucune image ne semble désormais attester cette annonce sur leur présence jusqu’à la fin de la rencontre. En l’absence de déclarations officielles, le doute persiste, mais le symbole est là : le Prince occupe le terrain, mais désormais plus discètement que lors du match d’ouverture, pour éviter le contraste avec l’absence du père.

Une présence assidue face à une chaise vide

Cette sortie marque la seconde apparition officielle de Moulay El Hassan durant cette CAN à domicile. Le 21 décembre dernier, c’est lui qui présidait la cérémonie d’ouverture, donnant le coup d’envoi symbolique du match inaugural face aux Comores en l’absence remarquée du Souverain Mohammed VI, pourtant grand amateur de football et à l’initiative de l’organisation de cette CAN.

Ainsi, c’est bien le manque de Mohammed VI qui domine les conversations en coulisses. À 62 ans, le souverain n’a assisté à aucune rencontre des Lions de l’Atlas depuis le début du tournoi. Ni lors de l’ouverture, ni contre le Mali ou la Zambie, ni pour ce huitième de finale décisif. Pour combler ce vide lors de la cérémonie inaugurale, les organisateurs avaient installé un imposant portrait du monarque en tribune d’honneur. Une image forte, relayée par les médias internationaux, qui a souligné son absence plus qu’elle ne l’a masquée.

Lalla Salma
Lalla Salma

De son coté, la princesse Lalla Salma multlplie ces dernières semaines les apparitions discrètes avec ses enfants. D’abord au  CHU de Fès, ville ou elle a grandi, en compagnie de sa fille, la princesse Lalla Khadija, et de son père, M. Abdelhamid Bennan. Un retour sur le devant de la scène en lien avec les activitées de sa Fondation pour une Princesse qui ne sortait plus au maroc depuis bien longtemps. Puis en compagnie du Prince héritier, à marrakech cette fois ci, une nouvelle façon de marquer sa présence en parallèle de l’absence du Roi

Un Roi « invisible » et des interrogations sur sa santé.

Cette distance avec un événement pourtant ardemment voulu par le Royaume et porté par le Souverain lui même relance les spéculations sur l’agenda et la santé du Roi. Mohammed VI multiplie les séjours privés à l’étranger, notamment aux Émirats arabes unis où il a été aperçu récemment à Dubaï en petite forme, sans que le Palais ne communique sur les raisons de son absence à la CAN.

En toile de fond, l’état de santé du souverain reste un sujet sensible au Maroc. Souffrant de sarcoïdose et d’arythmie cardiaque, il a subi plusieurs interventions chirurgicales ces dernières années, dont la dernière une opération à l’épaule gauche évoquée en décembre 2024. Son absence répétée lors de nombreuses manifestation publiques, où il apparait le plus souvent physiquement affaibli, inquiètent largement le royaume.

Vers une monarchie « bicéphale » médiatique ?

Lalla Khadija
Lalla Khadija

Pour de nombreux analystes, cette configuration n’est pas le fruit du hasard. Comme le notait récemment la presse espagnole, le Maroc semble glisser vers une forme de « monarchie bicéphale » dans sa gestion de l’image. Avec un Roi en retrait, gérant officiellement les dossiers stratégiques à distance, et un Prince héritier de plus en plus visible, incarnant la jeunesse et la continuité ainsi qu’une princesse, Lalla Khadija, qui s’impose aussi sur le devant de la scène.

La CAN 2025, vitrine diplomatique majeure, aura paradoxalement servi de révélateur à cette transition silencieuse, exposant, match après match, la montée en puissance d’un fils sous le regard d’un père devenu invisible.

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Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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