
Entre l’Espagne et le Maroc, la tempête Nils provoque un double impact : suspension des liaisons maritimes entre Tarifa et Tanger dans le détroit de Gibraltar et inondations massives dans le nord du Royaume. Alors que plus de 143 000 personnes ont été évacuées face à la montée des eaux et aux barrages sous pression, les autorités des deux rives multiplient les mesures d’urgence pour sécuriser les populations et limiter les perturbations.
La tempête Nils frappe de plein fouet le détroit de Gibraltar et provoque d’importantes perturbations dans le transport maritime entre l’Espagne et le Maroc. Les traversées entre le port de Tarifa (Cadix) et celui de Tanger ont été interrompues en raison de conditions météorologiques jugées défavorables par les autorités portuaires de la baie d’Algésiras. Si une première rotation matinale a pu être assurée au départ de Tarifa, l’essentiel des liaisons prévues dans la journée de ce jeudi a été annulé.
Les autorités annoncent que ces suspensions devraient se poursuivre, en fonction de l’évolution des vents et de l’état de la mer dans le détroit. En revanche, le port d’Algésiras maintient ses connexions programmées, notamment vers Tanger, permettant de limiter partiellement l’impact sur les flux de passagers et de marchandises. Selon les services météorologiques espagnols, des pluies soutenues et des rafales de vent pouvant atteindre 40 km/h sont attendues, avec un risque d’orages. Cette situation rend la navigation particulièrement délicate dans une zone déjà réputée pour ses courants puissants et ses conditions maritimes changeantes.
Inondations au Maroc : plus de 143 000 personnes évacuées
Au-delà des perturbations maritimes, la tempête Nils aggrave une situation hydrologique déjà critique dans le nord du Maroc. Des précipitations intenses et continues ont entraîné des crues soudaines et des débordements de barrages, forçant les autorités à déclencher des évacuations massives. D’après les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur, plus de 143 000 habitants ont été déplacés dans plusieurs provinces. Larache concentre à elle seule la majorité des évacuations, avec plus de 110 000 personnes contraintes de quitter leur domicile.
Les provinces de Kénitra, Sidi Kacem et Sidi Slimane sont également fortement touchées. Les opérations d’évacuation se poursuivent de manière progressive, en fonction de l’évolution des niveaux d’eau et de la vulnérabilité des infrastructures. Les autorités privilégient une approche préventive afin d’éviter toute perte humaine dans les zones les plus exposées.
Ksar El Kebir submergée, barrages sous pression
La ville de Ksar El Kebir est devenue l’épicentre de la crise. Après des pluies exceptionnelles, plusieurs quartiers ont été envahis par les eaux, transformant certaines artères en véritables canaux. Face à la montée rapide des oueds et à la saturation des sols, les autorités locales ont procédé à des évacuations à grande échelle. Le barrage d’Oued El Makhazine, dont le taux de remplissage a dépassé des seuils critiques, a dû déverser d’importants volumes d’eau vers l’oued Loukkos.
Cette situation a provoqué des inondations rapides dans les zones agricoles et résidentielles situées en aval. Les spécialistes soulignent la difficulté de gérer un afflux d’eau aussi massif sur une période aussi courte, dans un contexte de pluies continues. Plusieurs localités ont signalé des coupures d’électricité et d’eau potable, tandis que des routes secondaires sont devenues impraticables, compliquant l’acheminement de l’aide. Des centres d’accueil temporaires ont été aménagés pour héberger les familles déplacées, avec un soutien logistique et médical assuré par les autorités.
Mobilisation générale et suspension des cours
Face à l’ampleur des inondations dans le nord du Maroc, les Forces armées royales, la protection civile et les services de sécurité ont été mobilisés. Des moyens techniques importants, dont des équipements de pompage et des véhicules spécialisés, ont été déployés pour sécuriser les zones inondées et assister les populations. Par mesure de précaution, les autorités éducatives ont décidé de suspendre les cours dans plusieurs provinces affectées. Cette décision concerne aussi bien les établissements publics que privés, afin de garantir la sécurité des élèves et du personnel.
Ces pluies ont permis aux barrages marocains d’atteindre des niveaux de remplissage élevés. Alternant périodes de sécheresse sévère et épisodes de pluies torrentielles, le Maroc se voit désormais contraint d’adapter sa gestion de l’eau et renforcer ses dispositifs de prévention des risques naturels. Dans l’immédiat, les autorités appellent à la vigilance, recommandant d’éviter les zones inondées et de suivre les consignes officielles. L’évolution de la tempête Nils dans le détroit de Gibraltar et sur le nord du Maroc reste étroitement surveillée. Des milliers de familles attendent un retour progressif à la normale.




