
Alors que le nord et le centre du Maroc subissent l’une des pires vagues d’inondations de la décennie, les derniers bulletins de la Direction générale de la météorologie (DGM) confirment une prolongation du mauvais temps. Entre sols saturés et nouvelles précipitations record, la menace de débordements majeurs reste critique pour les populations et les infrastructures.
Prévisions météo : une « rivière atmosphérique » menace le Nord-Ouest
La Direction générale de la météorologie (DGM) et les experts climatiques alertent sur l’arrivée d’une succession de perturbations actives. Cela va entraîner des précipitations fréquentes, mais aussi de vents forts et, selon les secteurs, de la neige sur les reliefs du Rif et de l’Atlas. Mais l’élément le plus inquiétant est la formation d’une « rivière atmosphérique » : un flux massif d’humidité venu de l’Atlantique dirigé droit vers le Royaume.
- Zones concernées : Le nord-ouest, le littoral atlantique et les plaines centrales.
- Cumuls attendus : Localement, les précipitations pourraient atteindre plusieurs centaines de millimètres, soit l’équivalent de plusieurs mois de pluie en 48 ou 72 heures.
- Phénomènes associés : Vents violents et chutes de neige importantes sur les sommets du Rif et de l’Atlas.
Cette instabilité prolongée ne laisse aucun répit aux zones sinistrées, favorisant un ruissellement immédiat.
Pourquoi le risque d’inondation est-il à son comble ?
Les autorités marocaines ont déjà ordonné des évacuations préventives massives, notamment dans le bassin du Loukous et aux abords de Ksar El Kebir, où plus de 100 000 personnes ont été mises en sécurité. Trois facteurs aggravent la situation :
- Saturation extrême des sols : La terre ne peut plus absorber la moindre goutte d’eau, transformant chaque averse en ruissellement direct vers les oueds.
- Capacité des barrages : De nombreux réservoirs atteignent leur niveau critique, forçant des lâchers d’eau préventifs qui font monter le niveau des cours d’eau en aval.
- Danger des crues flash : Dans les zones de relief (Rif et Atlas), l’eau dévale les pentes avec une violence inouïe, créant des crues soudaines et imprévisibles.
Conséquences concrètes pour les populations
La persistance de ce climat instable entraîne des risques réels sur le terrain :
- Pour les riverains : Risques de débordements des oueds, même dans les zones où la pluie semble faiblir, à cause de l’accumulation en amont.
- Pour les transports : Les infrastructures (ponts, routes rurales) sont fragilisées. De nombreux axes risquent d’être coupés, rendant l’accès aux zones isolées difficile.
- Pour l’agriculture : Le cumul d’eau provoque une érosion sévère des sols et menace les semis actuels dans les plaines fertiles du Gharb et du Loukous.
Conseils de sécurité et vigilance
- Restez connectés : Suivez les bulletins de vigilance (Orange/Rouge) émis par la DGM.
- Prudence absolue : Ne tentez jamais de traverser un cours d’eau ou une zone inondée, à pied comme en véhicule.
- Évacuation : Respectez scrupuleusement les consignes des autorités locales si une zone doit être évacuée.
Les prochains jours seront décisifs. Cette séquence météorologique n’est pas un événement isolé mais une crise prolongée qui exige une vigilance citoyenne et une coordination totale des secours.



