
Des négociations discrètes se déroulent actuellement en Espagne autour de l’avenir du Sahara occidental. Selon El Confidential, les discussions impliquent les acteurs clés du dossier. Si le Maroc met en avant un nouveau plan d’autonomie, plus détaillé que par le passé, la position algérienne apparaît plus que jamais incontournable. Pour Alger, aucune issue durable ne peut être envisagée en dehors d’un cadre multilatéral respectant le droit international et le principe d’autodétermination.
Des négociations discrètes qui replacent Madrid au centre du jeu
Selon plusieurs échos concordants dans la presse espagnole, des discussions de haut niveau seraient en cours ou en préparation en Espagne autour du dossier du Sahara occidental. Autour de la table, ou en marge de ces échanges, figureraient le Maroc, l’Algérie, l’Espagne et le Front Polisario, avec la possibilité d’une implication indirecte de partenaires internationaux. Il faut rappeler les récentes visites de Massad Boulos à Alger, qui demontre la volonté de Trump de conclure se dossier en écoutant Tebboune.
Le choix de l’Espagne n’est pas neutre non plus pour accueillir les négociations. Ancienne puissance administrante du territoire jusqu’en 1975, Madrid demeure un acteur symbolique et politique du dossier, longtemps tiraillé entre ses obligations historiques, ses relations avec Rabat et ses équilibres internes.
En facilitant ou en accueillant ces discussions, l’Espagne cherche à reprendre une position d’interface diplomatique, sachant qu’elle est un des seuls pays a comprendre la sensibilité extrême du sujet, tant sur le plan intérieur que régional.
Mais au-delà du lieu, ces négociations confirment une réalité diplomatique souvent occultée : aucune discussion sérieuse sur le Sahara occidental ne peut avancer sans l’Algérie.
Le plan marocain face aux lignes rouges algériennes
Dans ce contexte, le Maroc mettrait sur la table un nouveau document détaillé sur l’autonomie du Sahara occidental, présenté comme plus abouti que les propositions précédentes. Ce plan, qui s’inscrit dans la continuité de l’initiative marocaine de 2007, vise à consacrer une large autonomie locale sous souveraineté marocaine, avec des institutions régionales élues et des compétences élargies.
Alger, sans commenter le contenu précis de ce document, maintient une ligne constante : le problème du Sahara occidental est avant tout une question de décolonisation, qui relève du droit international et des résolutions des Nations unies. Ainso, pour l’Algérie, toute solution qui exclurait explicitement le droit du peuple sahraoui à choisir librement son avenir, y compris l’option de l’indépendance, ne saurait constituer un règlement légitime et durable.
Cette position ne signifie pas un refus du dialogue. Au contraire, Alger se dit favorable à une reprise de négociations sérieuses, à condition qu’elles ne soient pas verrouillées d’avance et qu’elles s’inscrivent dans un cadre onusien clair, associant toutes les parties concernées.
L’Algérie, pivot incontournable d’un règlement durable
L’Algérie est reconnue par l’ONU comme une partie essentielle du processus politique. Son implication dépasse le simple soutien historique au Front Polisario : elle se veut garante du respect des principes fondateurs du droit international, notamment l’autodétermination des peuples.
Dans un Maghreb marqué par de fortes tensions géopolitiques, Alger défend une approche multilatérale, considérant que toute solution imposée ou résultant de rapports de force bilatéraux serait fragile et potentiellement déstabilisatrice à long terme.
Cette posture confère à l’Algérie une crédibilité particulière auprès de nombreux pays africains, latino-américains et au sein du Mouvement des non-alignés.
À l’heure où certaines capitales misent sur des accords politiques rapides, Alger rappelle que la stabilité régionale passe par la légitimité, et que le dossier du Sahara occidental constitue un test majeur de la capacité de la communauté internationale à faire respecter ses propres règles.
Les négociations évoquées en Espagne ouvrent une nouvelle séquence diplomatique. Mais une chose apparaît déjà clairement. Sans l’adhésion de l’Algérie à un cadre équilibré et conforme au droit international, aucun plan, aussi détaillé soit-il, ne pourra transformer un compromis politique en paix durable.



