
À moins d’un mois de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, au Bénin, le candidat de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni, s’apprête à franchir une étape stratégique en présentant officiellement son projet de société ce samedi 21 mars à Cotonou. Un rendez-vous politique majeur, à la fois attendu par ses partisans et scruté de près par ses adversaires.
Longtemps attendu par les Béninois qui avaient hâte de voir ce que leur propose le candidat désigné par le Président sortant, Patrice Talon, pour les joutes électorales du 12 avril, le projet de société de Romuald Wadagni sera finalement dévoilé au public ce samedi. Le dauphin de Patrice Talon aura attendu le dernier moment – moins d’une semaine de l’ouverture de la campagne électorale – pour faire sa communication.
Vers une entrée en campagne idéologique
Si la désignation de Romuald Wadagni comme candidat du pouvoir remonte au 31 août 2025, la présentation du projet de société constitue, pour beaucoup d’observateurs, le véritable lancement de la bataille programmatique. Jusqu’ici dominée par des démonstrations de mobilisation et des positionnements politiques, l’atmosphère préélectorale s’oriente désormais vers un affrontement d’idées.
L’inamovible ministre de l’Économie et des Finances, en poste depuis 2016, devra clarifier sa vision pour le pays et détailler les axes majeurs de son projet. À travers cet exercice, il s’agit non seulement de consolider sa base électorale, mais aussi de convaincre un électorat plus large, parfois exigeant face au bilan du pouvoir sortant.
L’héritage de Patrice Talon au cœur des enjeux
Le défi principal pour le candidat de la mouvance reste la gestion de l’héritage du Président Patrice Talon. Après deux mandats marqués par des réformes économiques ambitieuses, une modernisation des infrastructures et une transformation du cadre macroéconomique, la question de la continuité se pose avec acuité.
Romuald Wadagni, considéré comme l’un des architectes de cette politique économique, devra démontrer sa capacité à prolonger ces réformes tout en corrigeant leurs limites. En filigrane, se dessine une interrogation centrale : incarne-t-il une simple continuité technocratique ou une nouvelle étape politique ? Sa proximité avec le chef de l’État, souvent perçue comme un atout en termes de stabilité, pourrait également être interprétée par ses opposants comme un manque de rupture.
Une offre politique attendue sur les questions sociales
Au-delà des performances macroéconomiques, les attentes citoyennes se cristallisent autour des enjeux sociaux : emploi des jeunes, pouvoir d’achat, accès à l’éducation et à la formation, ou encore inclusion économique. Lors de son investiture à Parakou, le 4 octobre 2025, Wadagni avait placé la jeunesse au centre de son discours, évoquant l’école, les centres de formation et l’entrepreneuriat comme leviers de transformation.
Le défi désormais, c’est de réussir à traduire ces ambitions en propositions concrètes, chiffrées et crédibles. Dans un pays où la pression démographique est forte et où les jeunes représentent une part importante de l’électorat, cette dimension pourrait s’avérer déterminante.
Une confrontation avec l’opposition de la FCBE
Face au duo de la mouvance, formé avec la Vice-présidente, Mariam Chabi Talata, l’opposition s’organise autour du ticket porté par Paul Hounkpè et Judicaël Rock Hounwanou, issus de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE). Cette configuration électorale annonce un duel relativement structuré entre continuité et alternative, même si certains analystes pointent une asymétrie de moyens et d’implantation territoriale.
Dans ce contexte, la présentation du projet de société de Romuald Wadagni pourrait servir de référence pour comparer les offres politiques en présence, et fixer les termes du débat public à venir. L’événement du 21 mars s’inscrit également dans une logique de démonstration de force. Il devrait réunir les partis de la mouvance, les mouvements de soutien, qui foisonnent depuis quelques semaines, et un large public, à quelques jours de l’ouverture officielle de la campagne électorale, prévue le 27 mars. Au-delà du contenu du projet, la capacité de mobilisation, déjà démontrée en octobre à Parakou lors de l’investiture, est un indicateur de dynamique électorale. Chaque signal compte dans cette Présidentielle où la participation et l’adhésion populaire seront décisives.




