Amkoullel, l’enfant peul du hip-hop malien

L'affiche du concert du 15 octobre à Bamako

En trois albums, Issiaka Bâ, alias Amkoullel, s’est imposé comme l’un des rappeurs les plus doués de sa génération au Mali. Il est aussi l’animateur vedette de Case Sanga 2, une émission de téléréalité diffusée sur la chaîne Africable. Parcours d’un rappeur adulé à Bamako.

Il a choisi un nom symbolique pour rendre hommage à la culture peule[Du célèbre ouvrage Amkoullel, l’enfant peul de Amadou Hampâté Bâ]]. Mais Amkoullel, c’est d’abord un artiste engagé qui croit en son pays et est conscient des potentialités de l’Afrique. Il a embrassé le rap très jeune avant de se positionner sur la scène du Hip Hop malien. C’était en 1993 : première scène avec le groupe Smooth Movers. Influencé par le rap américain, Amkoullel multiplie les collaborations et crée avec Alien D le groupe « Kouma Guerya », littéralement les guerriers de la parole. Mais loin de se limiter au rap, Amkoullel s’ouvre à d’autres styles de musique et fusionne sans toutefois s’éloigner des rythmiques traditionnelles. Il intègre alors la troupe de Cheikh Tidiane Seck, participe deux fois au Nice Jazz Festival où il côtoie des stars comme [Manu Dibango, Keziah Jones, Rokia Traoré et fait des prestations avec Alpha Blondy, Lobi Traoré ou Tiken Jah Fakoly… Autour de lui, il y a les rappeurs ultra militants Tata Pounds, Lassy King Massassy, Al Peco, Doudou Masta tous très appréciés au Mali.

Une figure de la nouvelle génération rap du Mali

Entre deux scènes, Amkoullel fait des études de Droit, mais très vite la musique reprend le dessus. Son premier album, Infaculté, sort en 2002, avec des textes dérangeants contre l’ignorance. Suivront Sourafin en 2003 et Waati Sera, (Il est temps !), autoproduit avec le label Woklo Barka en 2007, un opus qui milite contre l’image dévalorisante qu’ont les Africains d’eux-mêmes. Y figure la jeune génération du rap malien : Amy D, Mickee 3000 ou Dop pour ne citer que ceux là. Avec plusieurs compilations et mixtapes à son actif, Amkoullel a managé des artistes chez Mali K7 un temps, mais il reste avant tout un créatif. Il a ouvert une école de danse hip-hop : le Farafina Club. A la tête de l’Association pour le Rap au Mali, il réunit artistes, Djs, grafeurs, danseurs et a aussi lancé une marque de vêtement, Poulo Wear avec des amis.

Positiver l’image de l’Afrique par la culture

Chacune de ses apparitions lors des primes de Case Sanga 2, au palais de la culture Hampaté Bâ, déclenche l’hystérie chez les jeunes maliennes. La récompense de Meilleur groupe de Rap, obtenue aux Trophées de la Musique malienne en 2007, a certainement amplifié le phénomène. « C’est Ander Baba Diarra et Pape Wane de Fanaday Productions qui m’ont contacté pour animer la deuxième saison de la Case ». Un show pour découvrir les jeunes talents de la musique africaine. « comme quoi, on est pas obligé de partir pour réussir », explique Amkoullel. Le titre Farafina parle d’ailleurs de respect ! « En Afrique, le respect ne se mendie pas. Il se mérite par le travail. Dans mes textes, je lutte contre l’image négative qu’on donne de l’Afrique », ajoute l’artiste. Cela passe donc par la culture, le rap et la lecture certainement. Est-ce pour cela qu’il a choisi de s’appeler Amkoullel ? Tendez l’oreille pour entendre cet artiste qui n’a pas lâché son dernier « beat » !

Amkoullel en cinq dates :
1993 : Premier concert de rap !
2002 : Sort Infaculté son premier album
2004 : Intègre la troupe de Cheikh Tidiane Seck
2007 : Tamani d’or du meilleur groupe de rap avec le titre ‘Farafina’.
2008 : Anime Case Sanga 2 sur Africable…

 Son dernier album : Waati Sera, Wolko Barka Production, 2007,

 Le Myspace d’Amkoullel