Amadou Hampaté Bâ aurait un siècle

Le Mali célèbre le centenaire d’Amadou Hampaté Bâ, le grand défenseur malien de la  » tradition orale  » africaine. Souvenirs et hommages, pendant toute l’année. Colloques, expositions, concours… Les autorités maliennes veulent honorer la mémoire du grand griot.

Amadou Hampaté Bâ, l’inclassable.  » Je suis, disait-il, à la fois religieux, poète peul, traditionaliste, initié aux sciences secrètes peules et bambara, historien, linguiste, ethnologue, sociologue, théologien, mystique musulman, arithmologue et arithmosophe « . Le Mali célèbre le centenaire de son artiste, né en 1901. Il est le père de la littérature malienne, qui remonte à 1950, année de la publication de son ouvrage de poésie peule.

Hommage posthume

Trois activités s’étaleront sur l’année. Un concours littéraire, nommé  » A l’école d’Amadou Hampate Bâ « , vient d’être lancé, destiné aux jeunes de 12 à 17 ans et de 18 à 25 ans. Le concours est composé d’un questionnaire et d’une réponse simulée, adressée au poète. Les quarante premiers se verront offrir la collection complète d’Amadou Hampaté Bâ, ou des dictionnaires.

Avec pour marraine Adame Bâ Konaré, épouse du chef de l’état malien, un colloque international sur le thème :  » Culture et tradition dans l’oeuvre d’Amadou Hampate Bâ : vers un nouvel humanisme au XXIème siècle  » débutera le 27 novembre 2001. Les historiens, les sociolinguistiques, les archéologues, les anthropologues et bien sûr les littéraires confronteront leurs savoirs sur les oeuvres de l’écrivain.  » Nous aborderons les grandes questions de la place et de la promotion des oeuvres africaines « , explique le Professeur Mamadou Bani Diallo, président de la Commission scientifique. Les peintures, les livres et les photographies de Hampaté Bâ seront exposés, à la même période que le colloque.

La relation entre l’oralité et la culture

Disciple du sage Tierno Bokar, Amadou Hampaté Bâ, mort à Abidjan en 1991, est considéré comme l’un des premiers à avoir travaillé sur la tradition orale en collectant, traduisant et transcrivant les récits mythiques et les contes maliens. Il a tenté de préserver la culture des griots. Initiateur en matière de recherche, il fonde, en 1958, à Bamako, l’Institut des sciences humaines.

 » L’apôtre du dialogue des cultures et des civilisations  » a écrit des ouvrages sur les religions chrétiennes et musulmanes en tant que messager de paix et de dialogue, de concorde et d’humanisme. Musulman, sa lecture du Coran et de la Bible l’a amené à analyser leurs différences mais essentiellement leur complémentarité.  » Dans son livre Jésus vu par un musulman, il explique la place accordée à Jésus dans le Coran et la perception qu’ont les Musulmans de l’apôtre. Son souhait était de mettre en avant le dialogue entre les religions « , développe un Malien. Ses romans et ses oeuvres poétiques sur la culture malienne sont abondants et variés.

D’importantes responsabilités lui ont été confiées dans l’administration, dans la diplomatie de son pays, à l’Unesco. C’est d’ailleurs dans les années 60 que, membre du Conseil exécutif, il aurait lancé cette formule si souvent rapportée :  » En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle « .