Algérie-Allemagne : derrière l’hydrogène, le pari pharmaceutique


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Industrie pharmaceutique en Algérie : production locale de médicaments innovants
Saïdal veut produire en Algérie un traitement innovant contre la fibrose pulmonaire

Le jour où Alger accueillait la signature de la déclaration sur le corridor SoutH2, industriels algériens et allemands du médicament se retrouvaient dans la capitale. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique y a réclamé davantage de transfert de technologies. Dans la soirée, Boehringer Ingelheim, déjà associé à Saidal, signait une convention distincte avec le ministère de la Santé.

Jeudi 1er octobre, les ministres de l’Énergie d’Algérie, d’Allemagne, d’Italie, d’Autriche et de Tunisie ont signé à Alger une déclaration d’intention sur le corridor d’hydrogène SoutH2. Le même jour, la conférence « Pharma 2026 » réunissait responsables publics, industriels et représentants de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie autour d’un thème explicite : « Santé et souveraineté : axe algéro-allemand pour une industrie pharmaceutique nationale forte ».

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, y a fixé une ligne. La coopération avec l’Allemagne doit selon lui dépasser la production locale et inclure « davantage de transfert de connaissances, de technologies et de compétences ». D’après les chiffres rappelés lors de la conférence, la production nationale couvre 82 % des besoins du pays en médicaments. L’effort porte désormais sur les produits à forte valeur ajoutée, encore largement importés.

Saidal et Boehringer Ingelheim, un partenariat encore à éprouver

Le groupe public Saidal et le laboratoire allemand ont signé le 8 juin un accord pour fabriquer en Algérie un traitement contre la fibrose pulmonaire idiopathique, sur le site d’El Harrach. Jeudi, Ouacim Kouidri y a vu « une étape importante » dans la localisation des médicaments innovants. Selon L’Express DZ, il a également cité des projets portant sur des traitements innovants du cancer du sein et sur des biosimilaires.

Fabriquer un médicament sous licence peut se limiter à la formulation finale et au conditionnement, avec un principe actif importé et le savoir-faire stratégique reste alors chez le partenaire étranger. Le contrôle de qualité, la mintenance des lignes et la mise au point de procédés demandent un engagement plus poussé. Les communiqués publiés en juin ne précisent pas ce périmètre.

Une seconde convention, côté hôpital

Jeudi soir, au siège du ministère de la Santé, Boehringer Ingelheim a signé une autre convention, consacrée aux accidents vasculaires cérébraux (AVC) et aux maladies rares, rapporte El Khabar. Le texte prévoit de renforcer les compétences des professionnels de santé et d’accompagner la numérisation des parcours de soins des patients victimes d’AVC. Pour les maladies rares, il s’agit d’abord d’évaluer les ressources disponibles et d’identifier les besoins prioritaires.

Cet accord n’a pas de lien juridique avec le partenariat industriel conclu avec Saidal. Il touche pourtant à une question voisine. Un traitement produit localement ne profite au patient que si le diagnostic est posé à temps et si l’hôpital sait organiser la prise en charge, un point décisif pour l’AVC, où la rapidité de l’intervention conditionne les séquelles.

Les marchés africains en ligne de mire

Saidal regarde aussi vers le sud. Afrik.com a rapporté le 19 septembre les discussions engagées au Bénin, qui portaient sur l’exportation de médicaments, la formation et le transfert de technologie. Des capacités renforcées par le partenariat allemand pourraient alimenter cette offre régionale. Il faudra néanmoins obtenir des autorisations de mise sur le marché dans chaque pays visé et garantir des livraisons régulières.

Le parallèle avec l’hydrogène tient à une question commune. Afrik.com relevait le 1er octobre que la déclaration SoutH2 laissait ouverte la question du partage de la valeur entre pays producteurs et acheteurs européens. Le médicament soulève la même interrogation : quelle part des compétences restera en Algérie ? Les premières mises en production, et le détail de ce que Boehringer Ingelheim transmettra aux équipes de Saidal, apporteront une réponse.

Ali Attar
Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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