
Le groupe public Saïdal a conclu lundi 8 juin un accord avec l’allemand Boehringer Ingelheim pour fabriquer localement un traitement contre la fibrose pulmonaire idiopathique. Le site d’El Harrach assurera la production, avec transfert de technologie à la clé. Cette signature s’inscrit dans une stratégie industrielle nationale plus large portée par le président Tebboune visant à réduire la dépendance aux importations, monter en gamme et créer de la valeur ajoutée sur le sol algérien.
L’accord signé lundi 8 juin à l’unité de production Zemirli d’El Harrach, entre Saïdal et Boehringer Ingelheim, a été paraphé par le Pr Mourad Belkhelfa, directeur général de Saïdal, et Derek O’Leary, directeur général de Boehringer Ingelheim pour la région Inde, Moyen-Orient et Afrique. La cérémonie s’est tenue sous la présidence du ministre algérien de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, et en présence de l’ambassadeur d’Allemagne en Algérie, Georg Felsheim.
L’objet du partenariat est de localiser en Algérie la fabrication d’un traitement innovant contre la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), pathologie respiratoire chronique et évolutive caractérisée par une cicatrisation progressive du tissu pulmonaire dont la cause reste inconnue. Le site d’El Harrach, dont les infrastructures répondent aux normes pharmaceutiques internationales, s’e chargera de la produciton. L’accord prévoit un transfert de savoir-faire et d’expertise de Boehringer Ingelheim vers les équipes algériennes. C’est un volet jugé central par le nouveau gouvernement pour ancrer durablement les compétences sur le terrain local.
Pour Saïdal élargir au delà des médicaments génériques
Pour Saïdal, confronté à la concurrence des laboratoires privés, ce partenariat vise à s’engager sur des molécules à forte valeur thérapeutique. Un segment jusque-là couvert par les importations. L’Algérie couvre désormais 82 % de ses besoins nationaux en médicaments, un taux qui place le pays parmi les premiers d’Afrique dans ce domaine. Ce type d’accord va encore le consolider. Le ministre Kouidri a indiqué que les médicaments produits localement pourraient, à terme, être commercialisés sur des marchés extérieurs. Ainsi, l’Algérie pourait développer une stratégie pharmaceutique tournée vers l’export.
Ce mouvement traduit une orientation économique portée au plus haut niveau de l’État. Depuis son arrivée au pouvoir, Abdelmadjid Tebboune a fait de la production locale à forte valeur ajoutée l’un des axes centraux de son projet pour l’économie algérienne, avec pour horizon affiché la diversification hors hydrocarbures. La part de l’industrie dans le PIB algérien a atteint 10 %, selon les déclarations récentes du président, soit plus qu’un doublement depuis le début de son mandat.
L’automobile illustre concrètement cette dynamique. L’usine Fiat de Tafraoui, dans la wilaya d’Oran, a produit plus de 80 000 véhicules depuis son lancement en décembre 2023 et emploie plus de 5 000 personnes directement. L’objectif affiché par Stellantis Algérie est d’atteindre 30 % de taux d’intégration locale en 2026, avec une ambition gouvernementale de monter à terme vers 60 %. L’intégration reste pour l’instant concentrée sur les consommables et les accessoires, le défi majeur étant la production locale de composants mécaniques et de pièces structurelles de haute technicité. Des marques comme Hyundai et Opel ont également annoncé des projets de production en Algérie.
Stratégie de montée en gamme
La logique de montée en gamme est la même dans la pharmacie. L’Algérie ne plus se contenter d’assembler ou de conditionner, mais veut maîtriser des procédés complexes, former des équipes capables de les reproduire et réduire structurellement la dépendance aux fournisseurs extérieurs. Boehringer Ingelheim, l’un des laboratoires de référence mondiaux dans la recherche sur les maladies respiratoires fibreuses, apporte dans cet accord une expertise que Saïdal n’aurait pas pu développer seul dans des délais raisonnables.




