Afrique du Sud : les mineurs de Marikana acceptent l’accord salarial

Les mineurs de Marikana, en grève depuis le 10 août, ont accepté ce mardi l’accord salarial portant sur 22% d’augmentation mensuelle. Une hausse de rémunération accompagnée de 190 euros de prime. Cette issue positive des négociations ouvre la voie à une reprise prochaine du travail.

Les négociations tripartites, entre la société britannique, les syndicats et mineurs, ont enfin abouti ce mardi à une issue positive. Les mineurs de Marikana, en grève depuis le 10 août, ont accepté l’accord salarial portant sur 22% d’augmentation mensuelle. Une hausse de rémunération accompagnée de 190 euros de prime.

Les mineurs jubilent

Les mineurs de Marikana sont soulagés. Après six semaines de grève, ils obtiennent enfin gain de cause même s’ils ne triplent pas leurs salaires comme voulu en premier lieu. « A l’annonce du dénouement d’un conflit meurtrier, qui a réduit certains à la famine, la foule a explosé de joie », rapporte LeMonde.fr.

« L’augmentation réelle est de 22 %, ce qui est très élevé. Les travailleurs sont très contents de cet accord (…). Ce n’est pas arrivé souvent dans l’histoire des négociations », s’est réjoui l’évêque Jo Seoka. « Les 2 000 rands (190 euros) seront payés en une fois, ce qui leur donne de l’argent (…) pour leurs besoins, parce qu’ils n’ont pas été payés depuis trois semaines », précise ce médiateur.

Des âpres négociations

Une première offre de Lonmin, troisième producteur mondial de platine, portant sur une augmentation de 98 euros, avait été rejetée.
Depuis le 10 août, les mineurs font grève pour protester contre les conditions de sécurité et réclamer une revalorisation salariale pour tripler leurs revenus de 400 à 1 200 euros mensuels.

Le prolongement des négociations avait pousser la police sud-africaine à employer la force pour mettre fin à la grève des mineurs de Marikana. La semaine dernière, le président Jacob Zuma s’était élevé contre ce conflit social qui paralyse l’économie de l’Afrique du Sud. Samedi, les forces de l’ordre sont alors entrées en action en perquisitionnant les résidences des grévistes. La descente avait fait plusieurs blessés.

Accusées d’avoir employé la force pour dissuader les mineurs de poursuivre la grève, les autorités sud-africaines s’étaient défendues d’employer les méthodes répressives utilisées lors de l’apartheid.

Rappel du bilan

Ce conflit social a pris une tournure dramatique le jeudi 16 août lorsque la police sud-africaine a ouvert le feu sur les manifestants en causant la mort de 34 grévistes. Sans oublier les 10 autres morts à la suite de luttes intersyndicales. Au total, le mouvement social des mineurs de Marikana dispose à son actif de pas moins de 44 tués à déplorer.

Après cet accord entre les trois parties, la société Lonmin, les syndicats et mineurs ; la grève des mineurs de Marikana touche à sa fin. Les grévistes devraient ainsi reprendre le travail dès ce jeudi.

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