
Au moins 50 personnes ont été massacrées et des dizaines de femmes et d’enfants enlevés lors d’une attaque d’une brutalité inouïe dans l’État de Zamfara. Ce nouveau carnage souligne l’impuissance persistante des autorités face aux groupes criminels qui terrorisent le nord-ouest du pays.
Le bilan est encore provisoire, mais le choc, lui, est total. Dans l’État de Zamfara, épicentre d’une violence endémique, des hommes armés, localement désignés sous le terme de « bandits », ont déferlé sur plusieurs communautés villageoises. Le mode opératoire, désormais tristement rodé, témoigne d’une organisation quasi militaire : encerclement des hameaux, tirs nourris sur les civils et incendies systématiques des greniers à grains.
Un bilan humain et social dévastateur
Au-delà des 50 victimes recensées, l’angoisse des familles se cristallise sur le sort des disparus. Selon des sources locales et des témoins rescapés, un nombre important de femmes et d’enfants ont été emmenés de force vers les vastes forêts de la région, qui servent de repaires impénétrables aux assaillants. Ces enlèvements de masse constituent le moteur économique de ces groupes armés. Les otages servent de monnaie d’échange pour arracher des rançons exorbitantes, plongeant des populations déjà précaires dans une détresse financière et psychologique absolue.
L’échec de la réponse sécuritaire
Malgré les promesses répétées du gouvernement de Bola Tinubu de restaurer l’ordre, le Nord-Ouest du Nigeria s’enfonce dans l’anarchie. L’armée, mobilisée sur plusieurs fronts contre l’insurrection djihadiste dans le Nord-Est, peine à sécuriser les zones rurales du Zamfara et des États voisins de Kaduna et Katsina.
La porosité des frontières et le déficit de surveillance aérienne permettent à ces gangs de se déplacer en toute impunité. Pour les experts, ce n’est plus seulement une crise sécuritaire, mais une véritable faillite de la gouvernance. L’État a déserté des pans entiers du territoire, laissant des milices d’autodéfense souvent dépassées seules face au chaos.
Une spirale qui menace la première économie d’Afrique
Cette attaque survient alors que la crise humanitaire au Nigeria s’aggrave, avec des millions de déplacés internes. Sans une réponse structurelle alliant renforcement militaire et programmes de développement économique pour une jeunesse désœuvrée, le cycle de la violence semble sans issue.
Au-delà des condamnations d’usage, c’est la stabilité même de la première économie du continent africain qui est désormais en jeu.




