Zambie : comment une liste incomplète a coûté 8 sièges parlementaires à l’opposition


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Zambie : comment une liste incomplète a coûté 8 sièges parlementaires à l’opposition
Brown Kasaro

La Commission électorale de Zambie (ECZ) rejette les accusations de manipulation dans l’attribution des sièges parlementaires à la représentation proportionnelle. Dans un communiqué publié ce 11 octobre 2026, elle affirme que le National Reconciliation Party for Unity and Prosperity (NRPUP) n’a pas soumis suffisamment de candidats pour occuper tous les sièges auxquels il avait droit. En conséquence, la formation se retrouve avec huit députés issus de ce mécanisme, contre seize initialement attendus selon les calculs publiés, tandis que le parti au pouvoir, le United Party for National Development (UPND), en obtient 32.

Le différend porte sur la répartition des 40 sièges de représentation proportionnelle introduits au Parlement zambien. Après la validation des députés désignés en septembre, le bilan est de 32 sièges pour le UPND, dirigé par le président Hakainde Hichilema, contre huit pour le NRPUP, dont le candidat Brian Mundubile a affronté le chef de l’État à la présidentielle. Pourtant, les calculs fondés sur les résultats présidentiels laissaient initialement prévoir une répartition de 24 sièges pour le parti au pouvoir et 16 pour son rival.

Cette différence de huit sièges a alimenté les soupçons de manipulation. L’ancien ambassadeur et responsable politique Emmanuel Mwamba a relayé des accusations selon lesquelles la commission aurait attribué au UPND des sièges revenant au NRPUP. L’ECZ rejette catégoriquement cette interprétation et affirme avoir appliqué les dispositions prévues par la loi électorale.

Selon la commission, le NRPUP connaissait le nombre de sièges auxquels il pouvait prétendre, mais a transmis une liste comportant moins de candidats que nécessaire. La redistribution des sièges non pourvus découlerait donc, selon elle, du non-respect des exigences légales par le parti, et non d’une faveur accordée au pouvoir.

Ce que prévoit la loi électorale

Le communiqué publié par la Commission s’appuie sur la section 36C de l’Electoral Process (Amendment) Act n° 12 de 2026. Ce texte impose aux partis qualifiés de soumettre leurs listes de candidats dans les sept jours suivant la répartition des sièges de représentation proportionnelle. Il prévoit également que les sièges laissés vacants faute de liste complète soient redistribués à d’autres formations éligibles, conformément à la formule légale de répartition.

L’ECZ précise avoir organisé, le 9 septembre, une réunion d’orientation avec les deux partis concernés, le UPND et le NRPUP, afin de leur présenter les règles et les délais applicables. Elle soutient donc que les exigences relatives à la soumission des listes avaient été expliquées avant la procédure de désignation.

Le point central du différend n’est donc pas seulement le calcul initial des sièges, mais aussi la capacité de chaque parti à présenter, dans les délais, des candidats qui remplissent les conditions requises. La commission affirme que les sièges non pourvus ne pouvaient pas rester attribués à une formation qui n’avait pas fourni suffisamment de noms.

Un nouveau mécanisme pour mieux représenter les femmes et les jeunes

Cette controverse survient lors de la première mise en œuvre du nouveau système de représentation proportionnelle à l’Assemblée nationale. La réforme constitutionnelle de 2025 a introduit 40 sièges supplémentaires destinés à des catégories sous-représentées avec 20 sièges pour les femmes, 15 pour les jeunes et cinq pour les personnes handicapées.

Contrairement aux sièges ordinaires attribués dans les circonscriptions, ces postes sont répartis entre les partis en fonction des suffrages obtenus par leurs candidats à l’élection présidentielle, selon une formule prévue par la législation. Seuls le UPND et le NRPUP ont été qualifiés pour cette répartition au niveau de l’Assemblée nationale en 2026.

Le système vise à élargir la représentation politique au-delà des seuls candidats élus dans les circonscriptions. Mais son application montre aussi combien la maîtrise des règles administratives et le respect des délais peuvent peser sur le résultat final.

L’ECZ défend la légalité de la procédure

Dans son communiqué du 11 octobre, signé par le directeur général des élections, Brown Kasaro, la commission invite le public à écarter les accusations qu’elle juge « fausses et infondées ». Elle maintient que la redistribution des sièges résulte de l’application de la loi et que la responsabilité de fournir des listes conformes incombe aux partis bénéficiaires. Pour l’heure, le NRPUP n’a pas encore réagi à cette version de l’autorité électorale.

Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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