
Hakainde Hichilema rempile pour cinq ans à la tête de la Zambie. Le président sortant a remporté dès le premier tour l’élection du 13 août, avec une avance confortable sur son principal adversaire Brian Mundubile. Une victoire nette, mais obtenue dans un climat plus tendu qu’il n’y paraît, et qui ne fait pas disparaître les difficultés économiques et politiques du pays.
La Zambie a choisi la continuité. La Commission électorale a proclamé, mardi 18 août, la réélection du président Hakainde Hichilema, qui obtient environ 60 % des suffrages. Avec 2 965 326 voix, le dirigeant de l’United Party for National Development (UPND) devance largement Brian Mundubile, crédité de 1 856 217 voix, soit environ 38 %, sur un total de quatorze candidats. Aucun second tour ne sera donc nécessaire.
À 64 ans, Hakainde Hichilema décroche ainsi un deuxième mandat de cinq ans. Son parcours politique est singulier car après cinq défaites successives à la présidentielle, l’homme d’affaires avait finalement accédé au pouvoir en 2021 en battant Edgar Lungu. Sa nouvelle victoire confirme son implantation dans un pays où son premier mandat a surtout été marqué par le redressement d’une économie lourdement frappée par la crise de la dette.
Un scrutin marqué par des incidents
Contrairement à l’élection de 2021, ce scrutin n’a pas été exempt de tensions. Dans la nuit du vote, les autorités ont procédé à l’arrestation de onze personnes, dont des figures de l’opposition, lors d’une opération ayant donné lieu à des échanges de tirs. Le dépouillement a par ailleurs été suspendu pendant environ six heures après des signalements de violences visant le personnel des bureaux de vote et un vol présumé de bulletins. Brian Mundubile a dénoncé un possible trafic des procès-verbaux de résultats et réclamé une enquête indépendante, une accusation rejetée par le camp présidentiel.
L’économie au cœur du second mandat
Hichilema a notamment fait campagne sur la restructuration de la dette zambienne, le retour des investisseurs et la relance du secteur minier. Deuxième producteur africain de cuivre derrière la République démocratique du Congo, et huitième mondial, la Zambie bénéficie de l’intérêt mondial croissant pour ce métal indispensable aux réseaux électriques, aux véhicules électriques et à la transition énergétique.
Mais la reprise des grands indicateurs économiques ne se traduit pas encore suffisamment dans le quotidien d’une partie de la population. Coût de la vie, pauvreté et manque d’emplois, notamment chez les jeunes, ont nourri la campagne de l’opposition. Hichilema promet désormais de transformer le redressement économique en croissance plus visible pour les ménages, avec l’ambition de doubler à terme la taille de l’économie.
La victoire électorale ne clôt pas non plus le débat sur l’état de la démocratie zambienne. Le chef de la mission d’observation de l’Union européenne, Michael McNamara, a estimé que les avantages considérables dont bénéficie un président sortant avaient brouillé la frontière entre l’appareil d’État et la campagne politique, créant une inégalité des chances entre les candidats. Un constat qui vient s’ajouter aux incidents de violence recensés durant le dépouillement.
Hakainde Hichilema dispose donc d’un mandat renouvelé et d’une légitimité électorale confortable. Son principal défi sera désormais de faire en sorte que le redressement spectaculaire de la Zambie sur le papier soit davantage ressenti dans le portefeuille des Zambiens.




