Un massacre en RDC : 42 victimes et les causes sous-jacentes


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Force Armée RDC
Les Forces Armées de la RDC

Dans la nuit de mercredi à jeudi, un nouveau massacre a eu lieu dans la région de Beni, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).  Cette attaque qui a fait 42 morts, est  attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) liés à l’État islamique.

La région est régulièrement le théâtre de violences perpétrées par ces groupes armés.

Une nuit sanglante à Lubero

Le colonel Alain Kiwewa Mitela, administrateur du territoire de Lubero, dans la région de Beni, a confirmé que 42 corps avaient été retrouvés après cette tuerie. Selon des sources locales, certains des corps étaient ligotés et décapités. Cette attaque porte à près de 150 le nombre de personnes tuées par les ADF depuis le début du mois de juin.

Les autorités locales et la société civile ont exprimé leur désarroi face au drame. Samuel Kakule, président de la société civile de Mangurujipa, a indiqué que les informations sur la présence des ADF étaient connues, mais que les moyens de réponse étaient insuffisants pour empêcher la tragédie.

Quant à Leon Siviwe, responsable administratif de Beni-Mbau, il a appelé à une intervention plus robuste du gouvernement pour rétablir la paix. Il a déclaré : « Notre population en a marre d’enterrer chaque jour des civils. Nous lançons un appel vibrant aux autorités du pays pour qu’elles nous aident à rétablir la paix ».

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Qui sont les ADF ?

Les ADF, originaires de l’Ouganda et majoritairement musulmans, sont implantés dans l’est de la RDC depuis les années 1990. En 2019, ils ont prêté allégeance à l’État islamique, qui les présente comme sa « province d’Afrique centrale » (Iscap). Depuis, les ADF ont intensifié leurs attaques contre les civils, faisant des milliers de morts.

L’implantation des ADF en RDC trouve ses racines dans des conflits politiques et ethniques complexes. Initialement, ces rebelles luttaient contre le gouvernement ougandais, mais ils ont trouvé refuge en RDC. Leur alliance avec l’État islamique a ajouté une dimension religieuse et idéologique à leur violence, ce qui a aggravé l’instabilité dans la région.

Réponses militaires inefficaces

Fin 2021, une opération militaire conjointe entre Kampala et Kinshasa, nommée « Shujaa », a été lancée pour neutraliser les ADF. Cependant, cette opération n’a pas réussi à éradiquer la menace, mais dispersait plutôt les rebelles dans des zones plus profondes du territoire congolais, où ils continuent de cibler les civils.

Reagan Miviri, chercheur à l’institut congolais Ebuteli, a expliqué que « ces opérations militaires, sans pouvoir neutraliser les ADF, les dispersent, augmentant ainsi leur rayon d’action et la difficulté de les combattre efficacement ». Le massacre illustre tragiquement la vulnérabilité des civils face à ces violences persistantes. 

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