Subtil Brésil

A l’heure du lounge, le label Putumayo nous rappelle avec la compilation  » Samba Bossa Nova  » que l’Occident n’a pas inventé la poudre. Et que ce qui est aujourd’hui une mode en France et ailleurs est un véritable élément culturel dans d’autres pays. Direction le Brésil pour découvrir une musique universelle à la force contenue et aux saveurs intemporelles.

Tout le monde associe la samba et la bossa nova au Brésil, mais que savons-nous au juste de ces deux courants musicaux qui font partie des fondements culturels du plus grand pays d’Amérique latine ? Si les images du carnaval de Rio nous viennent évidement à l’esprit, la musique brésilienne est, comme nous le prouve la très bonne compilation Putumayo Samba Bossa Nova, autrement plus fine et plus riche que les célèbres batucadas (fanfares des rues). Une playlist sans faute pour une heure de bonheur intégral.

A ceux qui se demandent pourquoi le Brésil s’invite en Afrik, nous leur répondrons qu’à l’instar du zouk et de la salsa, il convient de considérer la musique brésilienne, complètement intégrée dans la culture artistique en Afrique lusophone, comme une musique de diaspora. Les similitudes entre le semba angolais, exporté avec l’esclavage, et la samba, ne sont pas qu’orthographiques.

Disque de collection

Mélanges de force et de douceur, apaisantes et rafraîchissantes, la samba et la bossa nova sont à la fois des musiques intenses et légères. Paradoxe apparent que vient contredire l’harmonie impeccable d’un titre tel que  » Lá Vem A Baiana  » de Jurassa Silveria. Tapis de braises tièdes, la ligne rythmique du morceau, ciselée à la guitare sèche, à la batterie et à la contrebasse, accueille la voix chaude et alizée de l’artiste. Imparable.

Ce n’est pas une seule chanson qu’il faut encenser ici mais toute la compilation. Que du bon. L’occasion pour nous de saluer les excellents choix du label, spécialiste du genre. A noter également l’effort apporté sur le packaging de toute la collection Putumayo. Outre le livret explicatif très complet à l’intérieur de chaque disque, rappelons que les pochettes (carton) de chaque compilation sont dessinées par la même artiste et jouissent d’une bonne identité visuelle. Samba bossa nova allie savoureusement la forme et le fond et personne ne saurait s’en plaindre. Un must.

Samba bossa nova, Putumayo, 2003.

Pour commander le disque.

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