Sénégal : grève de 72 heures dans les universités après la mort d’un étudiant


Lecture 3 min.
L'étudiant Abdoulaye Ba
L'étudiant Abdoulaye Ba

Les universités sénégalaises sont paralysées par une grève de 72 heures après la mort d’un étudiant lors d’une intervention policière à Dakar. Le décès d’Abdoulaye Ba a transformé des revendications sociales en une mobilisation nationale pour la vérité et la justice. L’arrestation de plusieurs leaders étudiants alimente la colère sur les campus. Entre tensions sécuritaires et retards de bourses, la crise universitaire atteint un niveau inédit.

Ce mardi 17 février 2026, un mot d’ordre de grève de 72 heures a été largement suivi dans les principaux établissements d’enseignement supérieur du pays. À l’origine de ce débrayage, un cocktail explosif de revendications sociales et de tensions sécuritaires qui cristallise la colère des étudiants, particulièrement à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), épicentre de la contestation.

Un deuil et des interrogations sur le campus

Le point de rupture a été atteint lundi dernier avec le décès d’Abdoulaye Ba. Cet étudiant a perdu la vie lors d’une intervention des forces de l’ordre sur le campus social de l’UCAD. Les circonstances exactes de ce drame restent à éclaircir. Toutefois, les amicales étudiantes pointent déjà la responsabilité des autorités. Elles exigent une enquête indépendante pour que toute la lumière soit faite. Ce décès a transformé une simple grogne budgétaire en un mouvement de révolte chargé d’émotion. Désormais, la quête de justice pour leur camarade est devenue la priorité absolue des grévistes.

Le sort des leaders étudiants entre les mains du parquet

Parallèlement au deuil, le collectif des amicales dénonce ce qu’il qualifie de traque des responsables syndicaux. Trois figures du mouvement, Demba Ka, Waly Faye et Bathié Fall, ont été déférées au parquet le 16 février. Les chefs d’accusation portés contre eux sont particulièrement lourds. Ils vont de la destruction de biens publics à l’atteinte à la sûreté de l’État. D’autres interpellations, dont celle de Mor Diouf au tribunal même, ont alimenté le sentiment d’injustice chez les étudiants. Ceux-ci réclament une libération immédiate et sans condition de leurs pairs pour envisager tout retour en classe.

La précarité financière comme étincelle de la crise

Au cœur des griefs se trouve également la question récurrente du paiement des bourses. Le retard de versement des rappels pour les étudiants de Master 1 a été l’élément déclencheur des premières manifestations la semaine dernière. La situation est telle que certains campus, comme celui de Saint-Louis, ont opté pour des actions symboliques fortes comme les journées « sans ticket » dans les restaurants universitaires. Malgré l’annonce de concertations par les autorités académiques, le fossé semble se creuser. Les étudiants affirment n’avoir pas été conviés aux discussions et maintiennent la pression jusqu’à jeudi. Ils conditionnent toute reprise des cours à des actes concrets sur le plan judiciaire et financier.

Fidele K
LIRE LA BIO
Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News