RDC : un tournant décisif vers la paix dans le Nord Kivu ?


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Alors même que les négociations de Nairobi (Kenya) sont dans l’impasse, Bosco Ntaganda, chef d’Etat major du CNDP, a annoncé, vendredi, la « fin de la guerre » entre le CNDP et les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Une information confirmée, ce lundi, par Laurent Nkunda lui même, le chef contesté de la rébellion. Début janvier, le général Bosco Ntangada a affirmé avoir destitué Laurent Nkunda. Il prétend désormais mettre ses troupes sous le commandement de la FARDC, aux côtés de laquelle il envisage de participer à la « chasse » aux rebelles rwandais hutu du FDLR dans l’est de la RDC.

« Nous, membres de l’état-major du CNDP, devant le peuple congolais tout entier, déclarons la fin, à dater de ce jour, 16 janvier 2008, des hostilités entre le CNDP et les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) ». Dans un communiqué publié samedi, une douzaine de commandants dissidents du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) entendent mettre un terme au conflit qui ensanglante le Nord Kivu depuis plusieurs années. Ils ont diffusé ce texte juste après avoir rencontré des officiers de l’armée congolaise (FARDC), le ministre congolais de l’intérieur et le chef d’état-major des forces rwandaises, James Kabarebe.

Emmené par le général Bosco Ntaganda, ce groupe de dissidents a annoncé, début janvier, la destitution de son chef emblématique, Laurent Nkunda. Il reproche à celui-ci sa mauvaise volonté dans la recherche d’un accord de paix durable. A l’issue de leur rencontre avec les représentants de Kinshasa, les dissidents se sont également dits « prêts à participer à la mise en œuvre du plan conjoint contre les FDLR ». Ces miliciens hutus rwandais réfugiés en RDC depuis le génocide de 1994 et dont la présence dans l’est de la RDC, rappelons-le, est l’un des principaux problèmes entre Kinshasa et Kigali.

Interrogé par la Radio France Internationale, le chef-rebelle du CNDP, Laurent Nkunda a lui aussi annoncé, ce lundi, la fin de la guerre dans le Nord Kivu. Laurent Nkunda, s’est dit favorable à cet accord que le CNDP avait déjà signé. « Puisque nous allons désormais tous (avec les FARDC ; Ndlr) tirer dans la même direction, la guerre est terminée », a-t-il déclaré sur RFI.

Selon Stewart Andrew Scott, auteur du livre Laurent Nkunda et la rébellion du Kivu, le chef rebelle et ses partisans continuent, tout de même, de tracer leur propre chemin. « Cette crise interne retarde son agenda, l’affaiblit sûrement et le pousse à adapter son discours à la situation (la branche de Nkunda va peut-être suivre le mouvement de Bosco temporairement en attendant sagement son heure) ».

« Les forces combattantes du CNDP à la disposition des FARDC »

Pour l’instant, cette situation a de quoi satisfaire le gouvernement congolais. Son ministre de la communication l’a fait savoir. « C’est une avancée tout à fait significative, a indiqué Lambert Mende à Radio Okapi. Nous avons là, des citoyens congolais qui estiment qu’on ne peut pas continuer à revendiquer des choses en appliquant une mauvaise méthodologie. Nous avons une disposition à transformer ce groupe en parti politique pour articuler des revendications, et nous avons une détermination à réintégrer les forces armées pour ceux qui le souhaitent ».

Les dissidents du CNDP ont d’ailleurs affirmé qu’ils mettent « à la disposition du Haut Commandement des FARDC toutes les forces combattantes du CNDP en vue de leur intégration au sein de l’armée nationale ». Ils demandent notamment au gouvernement « d’accélérer la promulgation de la loi d’amnistie couvrant les faits insurrectionnels de la guerre conformément à l’ acte d’engagement de Goma signé en janvier 2008 ».

Cette situation survient alors que les négociations entre le CNDP de Laurent Nkunda et le gouvernement congolais ont, une nouvelle fois, été suspendues sans qu’aucun accord de cessez-le-feu ait été signé. Selon l’Agence France Presse (AFP), le médiateur, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, se serait plaint devant le Conseil de sécurité de l’Onu de « l’intransigeance» des deux parties. Le 25 janvier prochain, celles-ci doivent se retrouver dans la capitale kenyanne pour une nouvelle phase de négociations.

Photo Radio Okapi : le général Bosco Ntaganda

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