RD Congo : gouvernement et rebelles autour de la table de négociation

Trois mois après la reprise des combats dans le Nord-Kivu entre les rebelles et les forces gouvernementales, les deux parties vont enfin discuter. Kinshasa vient d’annoncer une rencontre qui aura lieu à Nairobi, la capitale du Kenya, lundi prochain. Elle se tiendra sous l’égide des Nations unies et devrait permettre de formaliser « le cessez-le-feu » décrété unilatéralement par les rebelles depuis fin octobre.

Les armes vont-elles finalement se taire dans le Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo ? Pour la première fois depuis la reprise des combats fin août, des représentants du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et du gouvernement vont discuter, à Nairobi, lundi prochain. C’est ce qu’indique un communiqué conjoint rendu public par les autorités congolaises et rwandaises. Selon l’AFP, le président congolais Joseph Kabila et le chef rebelle Laurent Nkunda ne seront pas présents à ces négociations.

Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigéria et médiateur des Nations unies en RDC, supervisera ces discussions qui se tienddront dans la capitale kenyane le 8 décembre, a indiqué Alexis Thambwe Mwamba, ministre des affaires étrangères congolais après une rencontre avec son homologue rwandaise Rosemary Museminali. Les deux ministres se sont rencontrés jeudi et vendredi à Goma dans le Nord Kivu.

Plusieurs fois déjà, le gouvernement et le CNDP se sont dits prêts à discuter mais le cadre des pourparlers a jusque-là créé des divergences. Kinshasa a toujours voulu associer tous les groupes armés de la région de l’Est aux discussions comme le prévoit le programme Amani. Parmi ces groupes, sont comptés les miliciens hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ex-Far (Forces armées rwandaises).

Accord entre la RDC et le Rwanda

Mais Laurent Nkunda a toujours refusé de se retrouver à la même table de discussion que les FDLR et réclamait des discussions directes avec le gouvernement. Le chef rebelle a avancé dès le début, la présence des FDLR, parmi lesquels des auteurs du génocide de 1994 au Rwanda contre les tutsis, comme la principale raison de sa rébellion.

Un terrain d’entente est finalement trouvé. Les autorités congolaise et rwandaise ont annoncé ce vendredi la mise en place d’un « plan militaire » contre ces rebelles hutu rwandais dans l’est de la RDC. « Les deux délégations ont défini un plan d’opérations détaillé contre les ex-FAR (Forces armées rwandaises), Interhamwe, FDLR », ont déclaré M. Thambwe et Mme Museminali.

Depuis le début des conflits dans le Nord-Kivu, les deux pays se sont mutuellement accusés. Kinshasa soupçonne Kigali de soutenir le général tutsi déchu, Laurent Nkunda. Et le Rwanda exigeait de la RDC le désarmement des FDLR.

Fin octobre, les rebelles de Laurent Nkunda arrivés aux portes de Goma ont décrété unilatéralement un cessez-le-feu. Depuis, un calme précaire règne dans le Nord-Kivu mais des affrontements sporadiques ont souvent lieu entre rebelles et miliciens progouvernementaux.

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