RDC: vers un accord de cessez-le-feu?

Calme précaire ce lundi dans les environs de Kayanbayonga dans l’est de la République démocratique du Congo. Dimanche, cette partie de la province du Nord Kivu a été le théâtre de violents combats entre les rebelles du CNDP et les forces régulières congolaises. Olusegun Obasanjo, émissaire de l’Onu en RDC, a annoncé avoir trouvé un accord avec le chef des rebelles du CNDP. Selon l’ancien président nigérian, Laurent Nkunda, qu’il a rencontré dimanche à Jomba, à 80 km au nord-est de Goma, serait favorable à la mise en place d’un comité tripartite pour faire respecter un cessez-le-feu.

La situation était calme, lundi matin, à Kanyabayonga, ville stratégique de la province du Nord Kivu, et dans ses environs, selon Jean Paul Dietrich, le porte-parole de la Monuc. Une information que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) confirment. Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), de son côté, parle de « tirs de provocation à l’artillerie lourde lancés par les FARDC à partir de Vitshumbi », près du lac Edouard. Mais le mouvement rebelle affirme n’avoir pas répondu à ces attaques « par respect du cessez-le-feu, et de manière à imposer le même cessez-le-feu aux FARDC, pour donner une chance aux négociations».

Dimanche, de violents combats ont opposé les rebelles du CNDP de Laurent Nkunda aux forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Ces affrontements se sont déroulés près de la ville Kanyabayonga, au-delà de la station de la Rwindi. Selon la Monuc, le CNDP a occupé au moins deux nouvelles localités intermédiaires parmi lesquelles Ndeko, à 9 kilomètres de la Rwindi. Mais les hommes de Laurent Nkunda prétendent contrôler toute la zone des environs de la ville Kanyabayonga. La Monuc affirme également avoir évacué au moins 17 blessés des FARDC vers Goma et vers les centres de santé les plus proches.

Pas de rencontre Nkunda- Kabila prévue

Alors que des milliers de personnes fuyaient ces combats, l’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, envoyé spécial des Nations Unies, rencontrait à Jomba, à 80 km au nord-est de Goma, Laurent Nkunda. C’était la première fois que le chef des rebelles recevait officiellement un émissaire des Nations Unies. Les deux hommes seraient parvenus à un accord pour la mise en place d’un comité tripartite afin de faire respecter un cessez-le-feu entre les forces régulières et les rebelles. Ce comité serait composé d’un représentant du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), d’un membre du gouvernement et d’une personnalité neutre.

L’ancien président nigérian a affirmé à l’issue de cette rencontre que Laurent Nkunda serait prêt à respecter un cessez-le-feu dans le Nord Kivu et à maintenir des couloirs humanitaires pour l’accès inconditionnel de l’assistance aux personnes déplacées. Pour qu’une rencontre entre Laurent Nkunda et Joseph Kabila ait lieu, il faudra attendre encore un peu, a indiqué Olusegun Obasanjo. Depuis la reprise des affrontements en aout dernier, aucun accord de cessez-le-feu n’a été conclu entre les rebelles et les forces régulières. Le 29 octobre, les rebelles du CNDP ont décrété, de façon unilatérale, un arrêt des combats, mais les affrontements se sont poursuivis. Et les deux parties se rejettent les responsabilités des attaques.

Olusegun Obasanjo, nommé début novembre envoyé spécial de l’Onu en RDC, s’est rendu en Angola pour discuter avec les autorités de ce pays allié fidèle de la RDC. Il a ensuite rencontré vendredi à Kinshasa le président Kabila. L’ancien président du Nigéria devra aussi se rendre à Kigali dans les prochains jours pour discuter avec les autorités rwandaises soupçonnées de soutenir la rébellion. Un accord de paix durable serait-t-elle pour bientôt ?

Lire aussi :

 RDC : les rebelles avancent, l’Union européenne discute

 RDC : Africains et Européens cherchent une solution à la crise

 Crise en RDC : Kabila et Kagamé invités au Kenya pour négocier la paix