Crise en RDC : Kabila et Kagamé invités au Kenya pour négocier la paix

L’Organisation des Nations unies initiatrice du sommet de Nairobi espère trouver une issue politique à la crise qui secoue le nord-est de la RDC. Pendant ce temps, les combats continuent de faire rage autour de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, où les rebelles ont pris ce jeudi le contrôle la petite localité de Nyanzale (située à 80 km au nord-ouest de Goma) qui abritait l’état-major de la 15e brigade de l’armée régulière de la RDC.

Le dialogue plutôt que les armes. Voilà ce que l’Onu tentera de proposer demain vendredi à Nairobi, comme voie de sortie de la crise qui depuis plusieurs semaines, ensanglante le nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC). Sous l’égide de Ban Ki-Moon le Secrétaire général de l’Onu, un sommet international consacré à la guerre congolaise s’ouvre en effet demain, dans la capitale kenyane. Les présidents congolais Joseph Kabila et rwandais, Paul Kagamé, y sont attendus.

Sous son aspect opérationnel, le conflit est certes interne à la RDC et oppose l’armée régulière aux rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), emmené par Laurent Nkunda, général tutsi congolais déchu. Mais le Rwanda de Paul Kagamé est souvent cité, comme y prenant part. Joseph Kabila l’accuse en effet de soutenir les rebelles du CNDP. Paul Kagamé a toujours démenti cette accusation. Mais l’on sait que par deux fois, son armée est intervenu officiellement en RDC pour soutenir des rebellions et a, selon l’Onu, participé au pillage des ressources de ce pays. Par ailleurs, depuis plusieurs années, Paul Kagamé exige le désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe de rebelles hutus rwandais, repliés en RDC depuis le génocide de 1994.

Les combats bloquent l’accès de l’aide humanitaire aux populations

La communauté internationale a donc opté pour une vision sous-régionale de la crise congolaise. Bernard Kouchner et David Miliband, les ministres français et anglais des affaires étrangères s’étaient d’ailleurs rendus le week-end dernier à Kinshasa et à Kigali, et avaient annoncé au terme de cette offensive diplomatique, qu’ils participeraient à un sommet international consacré à la guerre en RDC.
L’initiative de l’Onu arrive en tout cas à point nommé, car il y a urgence.

Les hostilités entre l’armée régulière congolaise et les rebelles du CNDP ont jeté sur les routes plus d’un million de congolais. Cette semaine, ils étaient encore des milliers à fuir la région autour de Kiwanja. Cette petite localité située à environ 80 km au nord de Goma la capitale provinciale du Nord-Kivu est tombée la semaine dernière aux mains des rebelles du CNDP. Et en dépit d’un cessez-le feu unilatéral décrété par le mouvement rebelle, les combats ont repris mardi et mercredi, avec les assauts menés par les miliciens Maï Maï favorables au pouvoir de Kinshasa contre les positions des rebelles du CNDP. Et alors que la ville de Kiwanja prend les allures d’une ville fantôme, où seuls les hommes du CNDP restaient visibles jeudi, des milliers de réfugiés ont investi le centre administratif de Rutshuru, une autre ville située à cinq km plus au sud, où ils dormaient jeudi à la belle étoile. Cette récurrence des combats dans la zone empêche l’aide humanitaire de parvenir à ces réfugiés. Partis à la recherche de groupes de personnes isolées, des membres d’Ong humanitaire ont été contraints d’abandonner leurs investigations autour de Rutshuru en raison des combats.

la Monuc renforce ses troupes à Goma et se dit prête à faire feu en cas d’attaque de la ville

L’armée régulière comme les casques de l’Onu regroupés au sein de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) s’efforcent, pendant ce temps, d’ériger Goma, la capitale provinciale située à quelques kilomètres de là, en forteresse imprenable. L’armée a renforcé ses positions au nord de la ville, en envoyant plusieurs camions chargés de mitrailleuses et de munitions. Le millier d’hommes de la Monuc stationné à Goma a également reçu des renforts. Et si jusque-là, les soldats de la paix observaient une totale neutralité, ils pourraient cette fois-ci être amenés, à faire usage du feu. Alain Le Roy, le patron de la mission, a en effet déclaré que les casques bleus avaient reçu l’ordre de tirer, si des groupes armés tentaient de s’introduire dans la ville de Goma. La situation reste donc tendue à l’extrême. Jeudi, la petite localité de Nyanzale à 80 km au nord-ouest de Goma, et qui abritait l’état-major de la 15e brigade de l’armée régulière congolaise est tombée entre les mains des rebelles du CNDP. Le sommet de Nairobi on l’espère, pourrait contribuer décrisper la situation.