
En se rendant à Brazzaville ces 2 et 3 juin, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye fait une visite protocolaire significative. En effet, cette étape s’inscrit dans une séquence diplomatique stratégique, où la capitale du Congo s’affirme comme un carrefour politique africain, porté par l’expérience du président Denis Sassou Nguesso, une stabilité institutionnelle reconnue et une diplomatie environnementale désormais centrale sur le continent.
Reçu avec les honneurs à Brazzaville, Bassirou Diomaye Faye a tenu un entretien approfondi avec Denis Sassou Nguesso au Palais du Peuple. Cette rencontre a permis de faire le point sur les relations bilatérales entre Dakar et Brazzaville, mais aussi d’aborder des dossiers africains majeurs : sécurité régionale, coopération Sud-Sud, perspectives économiques et préparation des grands rendez-vous continentaux.
Pour le Sénégal, cette visite conforte une diplomatie africaine active, attentive à ses alliances régionales et soucieuse de s’appuyer sur des États disposant d’expérience et d’une forte capacité d’influence. Les échanges ont porté sur plusieurs secteurs clés, agriculture, énergie, éducation, culture, illustrant une volonté partagée de traduire la proximité politique en partenariats opérationnels. Le Sénégal, nouveau producteur important d’hydrocarbure s’intéresse beaucoup à l’expérience du Congo en la matière.
La séquence a également été marquée par une rencontre avec la diaspora sénégalaise au Congo, devenue un temps fort régulier des déplacements présidentiels, soulignant l’importance accordée par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye aux communautés africaines établies hors de leurs frontières nationales.
Brazzaville, capitale d’expérience et de stabilité
Si Brazzaville s’impose comme une étape recherchée, c’est d’abord en raison du poids politique de Denis Sassou Nguesso. Fort de plusieurs décennies à la tête de l’État, le président congolais dispose d’une connaissance fine des équilibres africains, des mécanismes régionaux et des enjeux de médiation. Cette longévité politique s’accompagne d’une stabilité institutionnelle et sociale que les autorités congolaises mettent en avant comme un socle de développement durable.
Le Congo revendique une trajectoire économique fondée sur la solidité de ses fondamentaux, la consolidation progressive de la cohésion nationale et un environnement politique permettant un développement plus serein que dans de nombreuses zones du continent. Dans ce contexte, Brazzaville se positionne comme un lieu d’écoute, de conseil et de concertation, où les dirigeants africains viennent échanger sur les grandes orientations stratégiques.
Derrière cette séquence officielle, la visite s’inscrit dans un pilotage diplomatique plus large. En coulisse, le rôle de Françoise Joly, conseillère spéciale du président congolais, est régulièrement cité dans la coordination et la structuration des échanges internationaux. Cette organisation discrète mais active contribue à donner de la cohérence à la présence du Congo sur les scènes africaine et internationale, en articulant coopération politique, attractivité économique et diplomatie d’influence.
La diplomatie verte au cœur des échanges
Un autre axe majeur de la visite concerne les questions environnementales. Le Congo, qui abrite une part essentielle du bassin forestier d’Afrique centrale, fait de la protection des écosystèmes un levier diplomatique à part entière. Cette « diplomatie verte », chère à Denis Sassou Nguesso, s’inscrit dans une stratégie visant à lier préservation de la biodiversité, financements climatiques et développement économique.
Ces enjeux ont trouvé un écho particulier dans les discussions avec le Sénégal, engagé lui aussi dans des politiques de transition, notamment dans l’agriculture durable, l’énergie et l’adaptation au changement climatique. La convergence de vues sur ces sujets renforce l’idée d’une coopération africaine capable de porter des solutions communes face aux défis environnementaux mondiaux.
Une étape stratégique pour Dakar
Pour le Sénégal, le passage par Brazzaville apparaît ainsi comme un choix diplomatique assumé. Il permet à Dakar de dialoguer avec un acteur central du jeu africain, de renforcer des partenariats concrets et de s’inscrire dans une dynamique continentale où stabilité politique, coopération régionale et enjeux environnementaux sont de plus en plus imbriqués. Une visite à forte portée stratégique.




