
À deux jours de l’échéance qu’elle avait elle-même fixée au pouvoir, la Coalition Article 64 (C64) hausse le ton. À Kinshasa, Dieudonné Bolengetenge assure que l’opposition ne se contentera plus d’attendre et annonce de nouvelles actions de terrain si le dialogue national inclusif n’est pas convoqué.
Le compte à rebours touche à sa fin. Le 15 août, date choisie par la C64 pour évaluer les avancées du dialogue politique, approche et, avec elle, le risque d’un nouveau bras de fer entre l’opposition et le pouvoir de Félix Tshisekedi.
S’exprimant devant la presse ce mercredi 12 août à Kinshasa, Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, a prévenu que la coalition entend désormais passer à une nouvelle étape. « Nous n’allons plus écouter de conseils », a-t-il lancé, laissant entendre que les appels à la retenue qui avaient contribué au report des précédentes mobilisations pourraient ne plus suffire.
Deux reports, une dernière échéance
La C64 avait initialement prévu une marche à Kinshasa le 22 juillet. La manifestation avait finalement été reportée après les démarches de la CENCO et de l’Église du Christ au Congo (ECC), qui avaient appelé les acteurs politiques à privilégier le dialogue. La coalition avait alors donné au pouvoir jusqu’au 15 août pour concrétiser l’annonce d’un dialogue national inclusif. Avant cette date du 22 juillet, la C64 avait déjà différé sa marche du 8 juillet à la suite de la médiation du président burundais, Évariste Ndayishimiye.
Pour les responsables de cette plateforme de l’opposition, le nouveau report ne doit pas être considéré comme un abandon de la mobilisation, mais plutôt comme une parenthèse destinée à laisser une chance aux discussions. La C64 avait également précisé que le dialogue devait permettre d’aborder les grandes crises du pays, notamment la guerre dans l’Est, les problèmes de gouvernance et la situation socio-économique.
D’après Bolengetenge, aucun signal suffisamment convaincant n’a, à ce stade, permis de désamorcer la confrontation. Si aucune convocation officielle du dialogue n’intervient d’ici au 15 août, les dirigeants de la coalition devraient se réunir avant d’annoncer la suite de leur stratégie.
« Des activités que vous n’avez jamais vues »
Le secrétaire général d’Ensemble pour la République ne s’est pas contenté d’annoncer une simple reprise des manifestations. Il promet des « actions de grande envergure », susceptibles, selon lui, de mettre davantage de pression sur les autorités. « Nous allons organiser des activités que vous n’avez jamais vues », a-t-il déclaré, évoquant même la possibilité d’appeler la population à la désobéissance civile. L’objectif affiché reste le même : s’opposer au changement de Constitution et obtenir l’ouverture d’un dialogue national jugé véritablement inclusif.
Cette position s’inscrit dans la ligne défendue depuis plusieurs mois par la C64. La coalition, qui réunit notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, affirme que le dialogue ne doit pas servir de prélude à une modification de la loi fondamentale.
Une opposition qui veut montrer qu’elle tient toujours
Dieudonné Bolengetenge a également voulu couper court aux informations faisant état de tensions internes. Selon lui, la C64 « se porte bien » et ne connaît ni dissolution ni départ de ses membres. Malgré les reports successifs de ses actions, la coalition entend conserver son unité et sa capacité de mobilisation. Elle avait d’ailleurs déjà rejeté fin juillet la décision de la Cour constitutionnelle déclarant conforme à la Constitution la loi portant organisation du référendum, donnant rendez-vous à ses militants le 15 août pour la suite de son combat.
La prochaine étape pourrait donc se révéler décisive. Si le dialogue n’est pas officiellement engagé, la C64 entend transformer l’attente en mobilisation. La question qui s’invite naturellement à la réflexion est de savoir quelle forme prendront ces « grandes activités » annoncées et surtout comment les autorités réagiront à une opposition qui affirme désormais vouloir sortir de la logique des reports.





