RDC : la marche du 8 juillet reportée


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Lancement de la coalition C64 en RDC
Lancement de la coalition C64 en RDC

La démonstration de force annoncée par la Coalition C64 n’aura finalement pas lieu le 8 juillet. Les principales figures de l’opposition congolaise ont choisi de reporter leur manifestation au 22 juillet afin de répondre à une invitation du Président burundais, Évariste Ndayishimiye, actuel président en exercice de l’Union africaine. Une décision qui traduit la volonté de laisser une chance au dialogue, sans renoncer à la mobilisation contre le projet de révision de la Constitution.

Le bras de fer politique en République démocratique du Congo connaît un nouveau rebondissement. Alors que l’opposition appelait les Congolais à descendre dans la rue le 8 juillet pour défendre la Constitution de 2006, la C64 a finalement décidé de différer sa mobilisation. Dans un communiqué publié ce vendredi à Kinshasa, la plateforme annonce que la marche devant le Palais de la Nation est reportée au 22 juillet 2026. Une décision prise, selon ses dirigeants, « dans un esprit de responsabilité », afin de privilégier une initiative diplomatique portée par le Burundi.

L’opposition accepte l’invitation de Bujumbura mais demeure mobilisée

À l’origine de ce changement de calendrier figure une invitation du Président burundais, Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine. Selon la C64, le chef de l’État burundais souhaite consulter les principaux acteurs politiques congolais sur la crise institutionnelle et sécuritaire qui secoue le pays. Les leaders de la coalition affirment avoir accepté cette main tendue afin d’exposer « avec clarté et fermeté » leurs préoccupations concernant le projet de changement constitutionnel porté par la majorité présidentielle. Pour eux, cette rencontre constitue une occasion de faire entendre leur position auprès d’un médiateur africain avant toute nouvelle démonstration de rue.

Le report ne signifie pas un abandon de la contestation. Dans leur déclaration commune, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga réaffirment que la manifestation est simplement différée. Ils appellent leurs militants à rester mobilisés jusqu’au 22 juillet, date à laquelle des marches pacifiques devraient être organisées simultanément à Kinshasa, dans plusieurs provinces ainsi qu’au sein de la diaspora congolaise, dans le respect des législations en vigueur. La coalition continue de présenter la défense de la Constitution comme « une responsabilité collective » et invite les Congolais à demeurer « vigilants et unis ».

Une médiation africaine pour éviter l’escalade

Le choix de privilégier une médiation régionale intervient après la récente visite d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa, où il s’était entretenu avec Félix Tshisekedi. En sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, le dirigeant burundais cherche à favoriser un climat de dialogue entre les différentes composantes de la classe politique congolaise. De l’avis des observateurs, le report de la marche offre une courte fenêtre d’apaisement. Il permet aux protagonistes de tester la voie diplomatique avant une éventuelle reprise de la confrontation politique dans la rue.

Il reste maintenant à savoir si cette médiation parviendra à rapprocher des positions qui demeurent, pour l’heure, profondément opposées. Si aucune avancée n’est obtenue, le 22 juillet désormais retenue pour l’organisation de la manifestation risque d’être la journée de tous les dangers, au regard de ce qui s’est passé le 12 juin dernier.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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