
La diplomatie américaine ne veut pas laisser retomber la pression sur Kinshasa et Kigali. Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour les Affaires africaines, a une nouvelle fois réaffirmé, ce mardi 8 septembre, l’engagement des États-Unis en faveur d’un règlement pacifique de la crise qui empoisonne les relations entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.
Ramener la paix coûte que coûte, tel semble être le leitmotiv de l’administration américaine. C’est du moins ce que semble confirmer la nouvelle déclaration faite ce mardi par Massad Boulos au sortir d’une réunion avec le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine. Les discussions ont porté sur plusieurs crises africaines, notamment au Soudan et en Libye, mais aussi sur le processus de paix entre la RDC et le Rwanda. Pour Washington, le dossier des Grands Lacs reste donc bien inscrit au sommet de l’agenda diplomatique de l’administration Trump.
Les Accords de Washington à l’épreuve du terrain
Signé depuis plusieurs mois, les Accords de Washington peinent à se mettre effectivement en œuvre sur le terrain, même s’ils ont placé Kinshasa et Kigali face à des engagements précis : neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) côté congolais et désengagement des forces rwandaises ainsi que levée des mesures défensives côté rwandais. Or, plusieurs mois après les engagements pris, les résultats restent fragiles. En juin, Massad Boulos avait lui-même dressé un bilan sévère devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Il avait alors déploré le fait que ni Kinshasa ni Kigali n’avaient pleinement rempli leurs obligations. Washington avait alors appelé les deux capitales à cesser les justifications et à passer aux actes.
Cette exigence demeure d’actualité. En juillet, les deux pays avaient pourtant réaffirmé à Genève leur volonté d’accélérer la mise en œuvre des accords et accepté d’étudier des mécanismes de vérification destinés à renforcer la transparence du processus. Face à ce constat, Massad Boulos a estimé nécessaire d’attirer l’attention sur le fait que l’administration du Président Donald Trump est toujours préoccupée par la guerre à l’Est de la RDC.
« Réunion productive avec @HouseForeignGOP le président Mast pour discuter des efforts menés par le Président Trump au Soudan, en Libye et entre la RDC et le Rwanda. Je suis reconnaissant pour le rôle du Congrès qui maintient l’attention sur le Soudan et d’autres efforts de paix, ainsi que sur la manière dont nous pouvons continuer à travailler de manière constructive pour trouver des moyens de mettre fin aux pires crises humanitaires au monde et d’apporter une fin durable aux conflits », a-t-il écrit sur son compte X.
Une diplomatie américaine qui veut éviter l’enlisement
Sur le papier, les mécanismes diplomatiques en faveur de la résolution de la crise à l’Est de la RDC se multiplient. Dans les faits, cette région reste marquée par une situation sécuritaire extrêmement volatile, tandis que les accusations réciproques entre Kinshasa et Kigali continuent de nourrir la méfiance.
Les États-Unis cherchent précisément à réduire cet écart entre les textes signés et la réalité du terrain. Le sixième Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité, réuni en août à Genève avec la participation du Qatar, du Togo et de l’Union africaine, a permis de poursuivre les discussions sur le suivi des engagements. Une nouvelle réunion est prévue les 16 et 17 septembre.
Washington n’agit d’ailleurs pas seul. Le Qatar joue un rôle important dans le processus de Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23, tandis que le Togo intervient comme médiateur de l’Union africaine. En août, Massad Boulos avait salué les progrès enregistrés dans les discussions de Doha et réaffirmé la volonté américaine de soutenir la paix dans l’Est congolais et dans l’ensemble des Grands Lacs. Que ces progrès se traduisent dans des faits concrets. C’est à ce niveau principalement que les populations de l’Est de la RDC attendent des résultats, c’est-à-dire que les armes se taisent pour qu’elles puissent enfin vivre en père.




