Donald Trump attaque l’Espagne sur l’immigration après la crise de Ceuta


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Le Président des États-Unis, Donald Trump
Le Président des États-Unis, Donald Trump

Le Président américain Donald Trump a de nouveau critiqué l’Espagne pour sa gestion de ses frontières. Dans un message publié le 6 septembre sur Truth Social, il a affirmé que le pays n’avait « aucun contrôle de sa frontière ». Cette déclaration intervient quelques semaines après l’arrivée massive de migrants à Ceuta depuis le Maroc, les 30 et 31 juillet.

Donald Trump a publié un message, dimanche 6 septembre à 00 h 24 UTC, soit 2 h 24 en Espagne. « Très triste ce qui se passe en Espagne, un pays qui n’a aucun contrôle de sa frontière. WOW ! », a-t-il écrit. Il n’a pas mentionné directement Ceuta, mais les médias espagnols ont relié sa déclaration à la crise migratoire survenue dans l’enclave espagnole d’Afrique du Nord.

Jusqu’à 85 000 passages à Ceuta selon la police

Le Président américain avait déjà évoqué la situation trois jours auparavant. Le 3 septembre, lors d’une interview accordée à GB News, il avait qualifié l’Espagne de « pays ruiné » et déclaré que l’arrivée massive de migrants à Ceuta était « très triste à voir ». Il avait également mis en cause les « lois faibles » et la gestion du gouvernement de Pedro Sánchez. Les arrivées massives se sont produites les 30 et 31 juillet.

Devant le Parlement espagnol, Pedro Sánchez avait déclaré que 50 000 personnes étaient reparties vers le Maroc en moins de 24 heures et environ 63 000 au cours des 72 premières heures. Selon le Premier ministre, ces retours représentaient plus de 90% des personnes entrées irrégulièrement. Un rapport de 55 pages du Centre national de l’immigration et des frontières (CENIF), dont les données s’arrêtent au 26 août, évalue entre 75 000 et 85 000 le nombre de passages en une dizaine d’heures.

Une mobilisation préparée sur les réseaux sociaux

La Guardia Civil avait initialement avancé 49 200 passages. Le Président de Ceuta avait ensuite évoqué 78 000 personnes et le ministre espagnol de l’Intérieur 72 000. Le CENIF estime que 65 000 à 75 000 personnes sont retournées au Maroc. Et que 5 000 à 10 000 sont restées dans l’enclave. Fin août, les autorités espagnoles estimaient encore leur nombre entre 5 000 et 8 000. Madrid avait demandé l’aide de Frontex pour accélérer leur identification et leur prise en charge.

Le rapport du CENIF indique que les événements ne résultaient pas d’une mobilisation spontanée. Les enquêteurs décrivent une préparation préalable, avec des appels diffusés sur Facebook, Instagram et TikTok, puis relayés dans des groupes WhatsApp. Le nombre de messages suivis par les policiers serait passé de quelques dizaines par jour à 344 le 28 juillet, 1 341 le 29 et 1 974 le 30. Certaines publications auraient diffusé des informations déformées sur une décision de la Cour suprême espagnole du 8 juillet et sur les possibilités de régularisation en Espagne.

Le rôle des passeurs écarté par le rapport

Le rapport distingue trois vagues. La première était principalement composée de jeunes Marocains. Parmi eux, certains portaient des combinaisons en néoprène, des palmes ou du matériel facilitant la nage. Une deuxième vague comprenait notamment des femmes, des familles et des enfants. Une troisième, à partir du 30 juillet au soir, était de nouveau composée majoritairement de jeunes hommes.

Le CENIF ne retient pas l’hypothèse d’une opération organisée par les principaux réseaux de passeurs. Les cinq organisations spécialisées dans les traversées clandestines entre le Maroc et l’Espagne auraient une capacité totale estimée entre 200 et 300 personnes par jour. Aucun message intercepté ne démontrerait leur participation aux événements des 30 et 31 juillet. Le rapport examine en revanche le comportement des forces marocaines. Il décrit une présence réduite autour de la plage de Fnideq et de la digue du Tarajal.

Madrid ne confirme pas une implication du Maroc

Des migrants interrogés auraient déclaré que certains agents marocains les avaient orientés vers les points de passage. Les enquêteurs évoquent également des images montrant des agents en uniforme organisant des flux de personnes. Le CENIF parle de « guidage actif ». Des hommes en civil sont aussi mentionnés comme de possibles « agents dynamisateurs ». Leur identité et leur rôle n’ont toutefois pas été établis.

Pedro Sánchez a déclaré qu’aucun élément transmis par le Centre national du renseignement, la Police nationale ou les services étrangers partenaires ne permettait d’établir une participation des autorités marocaines à la crise de Ceuta. Le directeur général de la Police nationale a également indiqué qu’aucun rapport ne permettait d’attribuer au Maroc la planification ou l’exécution de l’entrée massive. Le rapport du CENIF ne désigne formellement aucun commanditaire.

Un bilan humain d’au moins 96 décès recensés

Le document indique par ailleurs qu’une alerte avait été émise le 27 juillet sur un risque d’arrivée importante à la nage. Une nouvelle alerte du CENIF avait été diffusée le 29 juillet aux postes frontières de Ceuta et Melilla. L’Audience nationale espagnole examine les éléments du dossier. Le gouvernement a annoncé 6 000 places d’accueil supplémentaires et une aide de 168 millions d’euros pour Ceuta. Le bilan humain fait état d’au moins 96 décès recensés. dans le détail: 82 corps retrouvés dans les eaux espagnoles et 14 décès supplémentaires confirmés par le Maroc.

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