
L’épidémie d’Ebola poursuit son extension dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Le pays dépasse désormais les 6 600 cas confirmés et 3 175 décès. L’OMS alerte sur le déficit de personnel, de lits et de financements pour prendre en charge les malades.
La progression de l’épidémie ne ralentit pas en République démocratique du Congo. Selon les dernières données arrêtées au 5 septembre, 6 604 cas confirmés et 3 175 décès ont été recensés, avec 82 contaminations et 41 morts supplémentaires en une seule journée. Au moins 851 patients sont actuellement hospitalisés en isolement, et 1 548 personnes ont été déclarées guéries.
Déclarée le 15 mai 2026 en Ituri, cette 17e épidémie congolaise d’Ebola est la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. Elle est due au virus Bundibugyo, une souche rare pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n’est homologué à ce jour.
L’Ituri reste la province la plus touchée, avec 5 326 cas et 2 398 décès. Le Nord-Kivu se dégrade également, avec désormais 1 000 contaminations et 659 morts. Des cas sont aussi recensés dans le Haut-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uélé : au total, 61 zones de santé réparties dans six provinces sont concernées.
Il manque 1 600 lits et 5 000 soignants
L’OMS a insisté ce mardi sur les limites matérielles de la riposte. Près de 1 400 lits ont été installés dans 59 centres de traitement, une progression rapide qui reste toutefois insuffisante au regard des besoins.
L’organisation estime qu’il faudra ouvrir environ 1 600 lits supplémentaires pour atteindre une capacité totale de 3 000 places. Avec trois professionnels de santé requis par lit, ce sont près de 9 000 soignants qu’il faudrait mobiliser, soit environ 5 000 personnes de plus à recruter et à former rapidement.
Le nombre de médecins et d’infirmiers disponibles n’est pas seul en cause. Peu d’organisations internationales disposent de l’expérience nécessaire pour gérer des centres Ebola, et la baisse des financements humanitaires mondiaux limite d’autant les capacités de déploiement.
Rapprocher les centres des populations
Face à l’extension géographique de l’épidémie, les autorités ont opté pour une stratégie plus décentralisée où de nouvelles structures doivent s’implanter au plus près des communautés touchées. L’objectif est de réduire le délai entre l’apparition des symptômes et l’admission des patients.
Ce délai reste déterminant, car une part importante des décès survient encore à domicile, avant toute prise en charge médicale avec des risques de transmission augmentées. Le suivi des contacts se heurte par ailleurs aux rumeurs, à la peur de l’isolement et à l’insécurité persistante dans la région.
Le gouvernement congolais et ses partenaires ont lancé un plan de riposte révisé sur 180 jours, évalué à 1,3 milliard de dollars. Sans financement rapide, le rythme d’ouverture des nouveaux centres de traitement pourrait continuer à courir derrière celui des foyers de contamination.




