
À quelques heures d’une importante rencontre de l’opposition congolaise à Rome, Prince Epenge s’est vu interdire de quitter la République démocratique du Congo. Son passeport a été confisqué ce dimanche 25 octobre 2026 à l’aéroport international de N’Djili. Les services migratoires auraient invoqué une convocation judiciaire, qui serait liée à l’enquête sur la mort d’un jeune militant de son parti.
Prince Epenge ne sera pas au rendez-vous de Rome. Le président de l’Action pour la démocratie et le développement au Congo (ADD Congo) et porte-parole de Lamuka a été empêché de prendre son vol ce dimanche, alors qu’il devait rejoindre l’Italie.
À l’aéroport de N’Djili, les agents de la Direction générale de migration (DGM) ont retenu les passeports de Martin Fayulu, du député Jean-Baptiste Kasekwa et de Prince Epenge. Ceux des deux premiers ont finalement été restitués, contrairement à celui de Prince Epenge. Les services migratoires auraient invoqué une convocation judiciaire. L’intéressé affirme pourtant n’avoir reçu aucune notification.
L’affaire Lomboto refait surface
Cette interdiction serait liée à la mort de Manassé Lomboto, jeune militant de l’ADD Congo décédé après la manifestation du 15 septembre contre une éventuelle modification constitutionnelle. Le jeune homme aurait été violemment agressé par des individus armés de machettes et d’autres armes blanches, selon l’opposition. Transporté dans le coma à l’Hôpital olympique, il avait succombé à ses blessures.
Prince Epenge avait alors réclamé une enquête indépendante pour clarifier les circonstances du décès du jeune militant. Les autorités, pour leur part, contestent les accusations de l’opposition, rejetant la thèse de la mort de Manassé Lomboto des suites d’une agression à l’occasion de la manifestation du 15 septembre.
Le 26 septembre, le parquet de Kinshasa/Kalamu avait ordonné le maintien de la dépouille à la morgue du Cinquantenaire, suspendant ainsi les obsèques.
Rome sans Epenge
L’interdiction de voyage de Prince Epenge l’empêche de participer aux assises de Rome devant réunir les dirigeants de la C64 les 26 et 27 octobre pour harmoniser leurs positions sur le dialogue national, la Constitution et le Front pour la refondation de la nation (FRN), la coalition rebelle dont Joseph Kabila a pris la tête le 12 octobre à Goma. Pour l’opposition, la mesure vise surtout à affaiblir la rencontre de Rome. Le soupçon est d’autant plus fort que le passeport de Martin Fayulu avait lui aussi été retenu dans un premier temps, et que Prince Epenge avait déjà vu le sien saisi à N’Djili le 10 août.





