Ebola : Ndayishimiye et Africa CDC envisagent un sommet africain face à l’urgence sanitaire


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Evariste Ndayishime et Jean Kaseya, lors de la rencontre à Bujumbura, le 23 octobre 2026
Evariste Ndayishime et Jean Kaseya, lors de la rencontre à Bujumbura, le 23 octobre 2026

Face à l’épidémie d’Ebola qui continue de faire des ravages en République démocratique du Congo et gagne même d’autres pays africains, le Président burundais, Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, et le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, souhaitent renforcer la mobilisation continentale. Une réunion des chefs d’État pourrait prochainement être organisée pour accélérer la riposte.

La multiplication des décès liés à Ebola préoccupe les dirigeants africains. Vendredi 23 octobre 2026, au palais présidentiel de Kiriri, à Bujumbura, le Président burundais, Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, a reçu le directeur général d’Africa CDC, Dr Jean Kaseya. Au menu des discussions : la progression de l’épidémie et les moyens d’éviter une aggravation de la crise sanitaire.

Une épidémie qui dépasse les frontières congolaises

En RDC, principal foyer de l’épidémie déclarée en mai dernier, les autorités sanitaires dénombraient déjà 4 687 décès pour 9 704 cas confirmés au 20 octobre. Huit provinces sont touchées, particulièrement l’Ituri et le Nord-Kivu, où les équipes médicales doivent composer avec l’insécurité et les difficultés d’accès aux populations.

La situation inquiète d’autant plus que le virus circule désormais au-delà de la RDC. Le Kenya a enregistré neuf contaminations, tandis que le Nigeria a confirmé un premier cas le 20 octobre. L’Ouganda avait également été touché au début de l’épidémie. Cette propagation rappelle les difficultés auxquelles sont confrontés les systèmes sanitaires africains : surveillance insuffisante dans certaines zones, mobilité des populations et manque de moyens pour identifier rapidement les personnes contaminées. Autre complication majeure, le virus Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle, ne dispose toujours pas de vaccin spécifiquement homologué.

Vers une mobilisation des chefs d’État

À Bujumbura, les échanges ont notamment porté sur la possibilité de réunir les dirigeants africains autour d’une réponse commune. Aucune date n’a encore été annoncée pour cette éventuelle rencontre. L’enjeu sera aussi financier. En juin, Africa CDC et l’Organisation mondiale de la santé avaient présenté un plan continental nécessitant 518 millions de dollars pour soutenir la surveillance épidémiologique, les soins et la prévention.

À l’issue de son audience, Jean Kaseya a salué les orientations du Président burundais en faveur d’une mobilisation renforcée.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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