
En RDC, les cinq principales figures de la Coalition Article 64 (C64) sont attendues les 26 et 27 octobre 2026 à Rome, en Italie, pour une rencontre. Au-delà de l’examen de la crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo, ce rendez-vous devrait permettre à la plateforme de clarifier sa position après la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par Joseph Kabila.
Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo vont enfin se retrouver autour d’une même table. Depuis la création de leur coalition en mai dernier, les cinq opposants n’avaient encore jamais tenu de réunion commune en présentiel. Le rendez-vous de Rome est programmé à un moment particulièrement délicat pour l’opposition congolaise, désormais confrontée à l’émergence d’un mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien Président, Joseph Kabila.
Une position commune attendue sur le FRN
La rencontre, prévue sur deux jours, devrait permettre aux dirigeants de la C64 d’harmoniser leurs positions sur la crise nationale, le dialogue politique et la défense de l’ordre constitutionnel. Mais si l’avis de la C64 est attendu sur un sujet, c’est bien sur le nouveau rôle pris par l’ancien Président, Joseph Kabila, à la tête du mouvement politico-militaire appelé FRN. Depuis l’annonce de la création du FRN, en effet, la C64 n’a pas rendu publique de position commune sur ce mouvement. Tant et si bien que le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, les a publiquement interpellés, rappelant qu’ils réclamaient auparavant la participation de Joseph Kabila au dialogue national souhaité.
Interrogé ce vendredi par RFI, Augustin Matata Ponyo a contesté l’idée d’une coalition embarrassée, réaffirmant son attachement à la Constitution et à une solution négociée.
Interrogé vendredi 23 octobre par RFI, Augustin Matata Ponyo a rejeté l’idée d’un embarras. Il a expliqué que les cinq dirigeants souhaitaient arrêter une position commune lors de leur rencontre à Rome, tout en réaffirmant l’attachement de la C64 au respect de la Constitution.
Une troisième voie à construire
Selon les informations d’Actualité.cd, les cinq dirigeants souhaitent défendre une troisième voie entre le pouvoir de Félix Tshisekedi et l’option militaire portée par le FRN.
À Rome, les cinq opposants devraient chercher à défendre une alternative à la fois au pouvoir de Félix Tshisekedi et à l’option militaire incarnée par le FRN. La C64 entend notamment poursuivre son combat contre toute modification constitutionnelle susceptible de favoriser un troisième mandat présidentiel. Elle réclame également un dialogue conduit dans un cadre consensuel, plutôt que selon des modalités imposées par Kinshasa.
Après Rome, une tournée politique et diplomatique est envisagée en Europe, notamment à Paris et Bruxelles, puis en Afrique, à Luanda et Brazzaville.




