
La décision de l’ancien Président congolais de prendre la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), annoncée à Goma le 12 octobre, suscite une vive réaction à Bruxelles. La Belgique rejette le recours aux armes pour conquérir le pouvoir et appelle à préserver les négociations de paix.
Bruxelles a désormais rompu le silence sur la nouvelle orientation politique de Joseph Kabila. Ce mercredi 21 octobre 2026, la Belgique a, en effet, condamné sans détour la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC). Par la voix de son vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, le royaume a exprimé son opposition à cette nouvelle orientation politico-militaire.
Kabila face à ses responsabilités
« Il s’agit d’un développement très préoccupant que je condamne sans la moindre équivoque », a déclaré le chef de la diplomatie belge. Il juge « déplorable, incompréhensible et inacceptable » qu’un ancien chef d’État, qui a lui-même connu les conséquences des rébellions armées, choisisse de prendre la tête d’un mouvement susceptible de chercher à accéder au pouvoir par la force plutôt que par les voies démocratiques.
La Belgique réagit neuf jours après l’annonce du FRN à Goma, ville du Nord-Kivu contrôlée par les rebelles depuis janvier 2025. Cette nouvelle structure succède à l’AFC/M23, et place Joseph Kabila au sommet d’une coalition qui entend combattre le pouvoir de Félix Tshisekedi. Le mouvement affirme vouloir mettre fin à ce qu’il qualifie de « tyrannie », en revendiquant le recours à tous les moyens, y compris la force. Une déclaration qui inquiète Bruxelles, pour qui la contestation politique ne saurait justifier la violence contre les institutions nationales. Maxime Prévot avertit que ceux qui empruntent cette voie devront en assumer pleinement les conséquences.
Doha et Washington, des processus à préserver
Bruxelles redoute également les conséquences de cette initiative sur les efforts diplomatiques en cours. Maxime Prévot appelle les protagonistes à préserver les acquis des processus de Doha et de Washington, à respecter le cessez-le-feu et à garantir la protection des civils. Le FRN assure pourtant qu’il reprend les droits, obligations et engagements de l’AFC, notamment ceux souscrits dans le cadre des négociations de Doha. Toutefois, cette promesse ne dissipe pas toutes les interrogations sur la continuité juridique et politique des discussions, puisque le mouvement rebelle a changé de structure et de direction.
En prenant publiquement position, la Belgique adresse donc un avertissement non seulement à Joseph Kabila, mais aussi aux autres acteurs de la crise congolaise. Pour Bruxelles, la paix ne peut se construire sur une nouvelle escalade militaire.





