
Le Bénin a annoncé ce mercredi, être en phase de préalerte, après la confirmation d’un cas importé de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo à Abuja, au Nigeria, le 20 octobre 2026.
Dans un communiqué publié ce 21 octobre, le ministère de la Santé a annoncé le placement du Bénin en phase de préalerte, en raison de la proximité géographique avec le Nigeria et de l’intensité des échanges entre les deux pays. Cette décision fait suite à la détection d’un premier cas d’Ebola à Abuja.
Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, s’est rendu mercredi 21 octobre à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou pour évaluer les mesures de détection et de prise en charge d’éventuels cas suspects d’Ebola.
Selon le communiqué, le système de surveillance comprend des caméras thermiques installées à des points stratégiques du hall des arrivées ainsi que des salles d’isolement aménagées lors de précédentes crises sanitaires. Ces installations doivent permettre d’identifier les cas suspects et d’organiser leur transfert pour une prise en charge adaptée. Des aménagements supplémentaires ont également été prévus avec les responsables de l’aéroport afin de renforcer le dispositif dans le nouveau hall en construction.
En parallèle, le ministère de la Santé a activé les commissions techniques de la plateforme multisectorielle « One Health », qui associe les secteurs concernés par la santé humaine, animale et environnementale. Des concertations sont en cours avec les ministères et les partenaires techniques et financiers pour harmoniser la surveillance, la préparation et la prise en charge d’éventuels cas.
Le gouvernement précise qu’aucun cas d’Ebola n’a été signalé au Bénin à ce jour. La phase de préalerte correspond donc à un renforcement de la préparation face au risque d’importation du virus, et non à la confirmation d’une circulation de la maladie dans le pays.
Une voyageuse diagnostiquée à Abuja après l’apparition des symptômes
Au Nigeria, le cas confirmé concerne une femme ayant récemment voyagé en Ouganda. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ses symptômes sont apparus le 7 octobre, quatre jours après son arrivée au Nigeria. Elle a consulté dans un établissement de santé privé à Abuja le 11 octobre. La confirmation biologique de l’infection par le virus Bundibugyo est intervenue le 20 octobre.
La patiente a été placée en isolement et reçoit des soins. Les autorités sanitaires ont identifié 44 personnes ayant pu être en contact avec elle et poursuivent leur suivi afin de repérer d’éventuelles autres expositions.
Cette confirmation est le premier cas signalé en Afrique de l’Ouest dans le cadre de l’épidémie actuelle. Le Nigeria devient ainsi le cinquième pays à détecter le virus depuis le début de l’épidémie déclarée en République démocratique du Congo (RDC) le 15 mai 2026. Avant ce cas nigérian, les pays concernés étaient la RDC, l’Ouganda, le Kenya et la France, où un cas avait été signalé chez un professionnel de santé évacué.
Les données disponibles au 20 octobre, font état de 9 582 cas confirmés et 4 605 décès dans les pays déjà touchés, principalement en RDC. Ce pays concentrait 9 552 cas confirmés et 4 602 décès. Le Kenya avait signalé neuf cas, dont un décès, tandis que l’Ouganda comptabilisait 20 cas confirmés et deux décès.
L’épidémie est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé. La prise en charge médicale et l’identification rapide des contacts jouent donc un rôle essentiel dans la limitation de la transmission.
Les gestes de prévention rappelés aux populations
Le ministère de la Santé du Bénin appelle la population à ne pas céder à la panique et à privilégier les informations provenant des sources officielles. Ebola ne se transmet pas par l’air : la contamination se produit principalement par contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne infectée ou décédée, ou avec des objets contaminés.
Les autorités recommandent de se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon, d’éviter tout contact avec les liquides biologiques d’un malade et de ne pas manipuler le corps d’une personne décédée d’une maladie inexpliquée. Elles invitent également la population à ne pas toucher ni consommer des animaux sauvages retrouvés malades ou morts et à éviter l’automédication.
En cas de fièvre brutale accompagnée d’une fatigue intense, de douleurs, de vomissements, de diarrhée ou de saignements, notamment après un voyage dans un pays touché ou un contact avec une personne malade au cours des 21 derniers jours, il est recommandé de consulter sans délai le centre de santé le plus proche ou d’alerter un relais communautaire.




