
La marche de la Coalition 64 (C64) du 15 septembre à Kinshasa a laissé derrière elle un bilan humain encore difficile à établir. Le décès de Manassé Lomboto Bomengola, cadre chargé de la sécurité à l’Action pour la démocratie et le développement au Congo (ADD Congo), vient surtout alourdir une journée déjà marquée par les affrontements entre manifestants et militants pro-pouvoir. Son parti réclame désormais une enquête indépendante pour déterminer ce qui s’est réellement passé.
L’ADD Congo, le parti de Prince Epenge, membre de la C64, a perdu un militant aux cours des affrontements enregistrés dans le cadre de la marche de l’opposition, ce 15 septembre. Le parti n’entend pas laisser impuni cette perte.
Une mort qui soulève des questions
Selon Prince Epenge, président de l’ADD Congo et membre de la C64, Manassé Lomboto a été blessé pendant les violences survenues sur le parcours de la manifestation, dans le secteur de Limete. Transporté dans un premier temps vers un centre de soins, il a ensuite été évacué à l’hôpital Olympic, où il est décédé dans la soirée.
Le responsable de l’ADD Congo affirme que des personnes munies de machettes, de couteaux et de barres de fer s’en seraient prises aux participants. Ces accusations restent toutefois à vérifier. RFI, qui a interrogé plusieurs sources, rapporte que les circonstances exactes du décès demeuraient inconnues et que le corps ne présentait pas, selon ses informations, de traces évidentes de coups ou de sang. Cette incertitude renforce précisément la demande de la formation politique : comprendre, preuves à l’appui, comment un militant a pu perdre la vie après une manifestation qui avait commencé dans le calme.
Comprendre ce qui s’est passé
Pour Prince Epenge, il faut apprécier la situation en dépassant le seul sort de son collaborateur. Il réclame une enquête « indépendante, rapide et sérieuse » capable d’établir les circonstances du décès et d’identifier les éventuels responsables. La question porte également sur la présence d’hommes armés parmi les protagonistes des affrontements. Des témoins et responsables de l’opposition, comme d’ailleurs Prince Epenge, ont affirmé avoir vu des jeunes munis d’armes blanches, certains étant présentés comme proches de la Force du progrès, structure affiliée à l’UDPS. Ces accusations ont été relayées dans plusieurs récits des violences, mais l’appartenance et les responsabilités individuelles doivent encore être établies.
Le cortège de la C64 avait quitté l’Échangeur de Limete avec plusieurs centaines de personnes et progressait sous escorte policière. La situation s’est progressivement dégradée avant de basculer dans les affrontements. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les protagonistes. Le cortège n’a finalement pas atteint son point d’arrivée prévu.
L’enquête indépendante, de l’avis des responsables de l’ADD Congo, devra notamment permettre de déterminer comment les violences ont commencé, qui en sont les auteurs et dans quelles circonstances exactes Manassé Lomboto a perdu la vie.




