
À peine la marche de la Coalition 64 (C64) terminée que le camp présidentiel annonce sa propre démonstration de force. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) appelle ses militants et ses alliés à descendre dans les rues le mardi 22 septembre. Une semaine après la mobilisation de l’opposition contre tout changement de la Constitution, le parti présidentiel veut faire entendre une autre voix : celle du soutien au référendum, au dialogue national et aux institutions de la République.
L’annonce a été faite ce mercredi 16 septembre par Augustin Kabuya, secrétaire général et président a.i. de l’UDPS. Dans un communiqué, le parti invite non seulement ses militants, mais aussi ses alliés politiques, les organisations de la société civile, les confessions religieuses et les mouvements estudiantins à participer à ce qu’il présente comme de « grandes marches populaires ».
Une réponse directe à la C64
Le calendrier ne doit rien au hasard. L’appel de l’UDPS intervient au lendemain d’une journée de mobilisation de la C64 dans plusieurs villes congolaises. La coalition emmenée notamment par Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga voulait protester contre toute modification de la Constitution et contre la perspective d’un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi.
À Kinshasa, cette mobilisation s’est terminée dans la tension. Des affrontements ont opposé des manifestants à des militants pro-pouvoir, tandis que la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser le cortège. Des incidents et des interpellations ont également été rapportés dans plusieurs provinces. L’UDPS entend désormais reprendre l’initiative. Dans son communiqué, le parti félicite même « l’ensemble du peuple congolais » pour avoir, selon sa propre lecture, rejeté « la manipulation des réseaux sociaux » et la mobilisation de la C64.
Le référendum au centre de la bataille
Derrière ces deux manifestations se joue surtout une bataille autour de l’avenir institutionnel du pays. L’UDPS veut défendre la loi portant organisation du référendum et accompagner le processus engagé par Félix Tshisekedi. Ce dernier avait demandé en août une nouvelle délibération parlementaire sur cette loi après son examen par les institutions compétentes. Il a également engagé les préparatifs d’un dialogue national, présenté par le pouvoir comme un moyen de rechercher la paix et la cohésion nationale.
La C64, elle, refuse de participer à cette dynamique dans les conditions proposées par le pouvoir. Pour l’opposition, le référendum pourrait ouvrir la voie à une modification des règles constitutionnelles concernant notamment la limitation des mandats présidentiels.
Le 22 septembre pourrait donc prolonger directement la confrontation du 15 septembre. Cette fois, ce ne sera plus seulement l’opposition qui cherchera à montrer sa capacité de mobilisation : le parti présidentiel entend démontrer qu’il dispose lui aussi d’une force militante capable d’occuper l’espace public. L’attitude des forces de l’ordre le 22 septembre sera sans doute scrutée. Y aura-t-il la politique de deux poids deux mesures ?



