
Le Conseil constitutionnel ivoirien a publié, vendredi 29 août, en fin d’après-midi, la liste provisoire des candidatures retenues pour l’élection présidentielle prévue le 25 octobre prochain. Soixante noms y figurent, mêlant anciens figures politiques de premier plan, personnalités issues de la société civile et une majorité de candidats indépendants. Cette étape marque une étape cruciale à deux mois du scrutin, en ouvrant la phase de contestations prévue par le code électoral.
Ils sont 60 candidats à avoir déposé leurs dossiers pour la Présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire. Sur la liste provisoire publiée par le Conseil constitutionnel figurent les noms de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam.
Une liste aux allures de mosaïque politique
Parmi les personnalités retenues, le Président sortant Alassane Ouattara (83 ans) brigue un nouveau mandat sous la bannière du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Son éternel rival, l’ancien Président Laurent Gbagbo (80 ans), figure également dans la liste, investi par son parti, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI). À leurs côtés, d’autres visages familiers de la scène politique ivoirienne :
- Simone Ehivet Gbagbo, ex-Première dame et présidente du Mouvement des générations capables (MGC) ;
- Pascal Affi N’Guessan, leader du Front populaire ivoirien (FPI) ;
- Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), qui effectue son premier test électoral majeur ;
- Jean-Louis Billon, homme d’affaires et ancien ministre, sous la bannière d’une nouvelle plateforme dénommée Congrès démocratique (CODE) ;
- Vincent Toh-Bi Irié, ancien préfet devenu indépendant ;
- Assalé Tiémoko Antoine, député connu pour ses prises de position anticorruption.
La gauche ivoirienne, déjà fragmentée, se présente avec au moins quatre candidatures : celles de Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, Affi N’Guessan et Ahoua Don Mello.
La question juridique de l’éligibilité de Gbagbo et Thiam
Si leur présence suscite un fort intérêt, elle soulève également des interrogations : Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam avaient été radiés de la liste électorale à la suite de décisions judiciaires controversées. Certains juristes invoquent l’article 48 du code électoral pour contester leur éligibilité, estimant qu’un candidat doit être inscrit sur le fichier électoral pour se présenter.
Mais leurs partisans rétorquent que la Constitution, texte fondamental, ne pose pas cette exigence, ce qui ouvre un débat juridique et politique sensible. Le Conseil constitutionnel devra trancher cette question dans les prochains jours, avec un verdict attendu au plus tard le 10 septembre, date de publication de la liste définitive des candidats.
Une forte poussée des indépendants et de nouveaux visages
Autre fait marquant : plus de 30 candidatures proviennent d’indépendants, confirmant une tendance déjà observée lors des élections locales. Parmi eux figurent N’Da Kouakou Mohamed Bertin, Athacou Konan Jean Rémy et Soumahoro Mamadou.
La scène électorale voit aussi émerger une nouvelle génération : plusieurs candidats ont moins de 40 ans et veulent incarner une rupture avec la vieille garde. De plus, plusieurs femmes sont présentes, parmi elles Henriette Lagou, Daourou Zoh Andrée Jocelyne, Koffi Adjoua Pauline Epse Papoin, Touré Adissa – une guérisseuse – ou encore Gbèguehi Félicité Bagré.
Une étape clé avant les arbitrages du Conseil constitutionnel
Conformément à l’article 56 du code électoral, les candidats et leurs partis disposent de 72 heures (jusqu’au lundi 1er septembre à 18h00) pour déposer leurs réclamations auprès du secrétariat général du Conseil constitutionnel. Les observations doivent être consignées en dix exemplaires et inscrites dans un registre officiel. Passé ce délai, l’institution entrera en délibération pour arrêter la liste définitive.
Cette profusion de candidatures, entre figures historiques, nouvelles ambitions et indépendants, traduit la vitalité mais aussi la dispersion du champ politique ivoirien. Reste à savoir qui, parmi les soixante prétendants, franchira l’étape décisive du Conseil constitutionnel. Le 10 septembre, le pays connaîtra la liste officielle des candidats autorisés à briguer la magistrature suprême. Avec un enjeu majeur : la présence ou non de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam sur cette liste.