
Au cœur d’une crise post-électorale déjà explosive, la répression en Ouganda a franchi un nouveau seuil avec l’attaque violente du domicile de l’opposant Bobi Wine. Son épouse, Barbra Kyagulanyi, grièvement malmenée lors d’un raid militaire nocturne, a été hospitalisée, tandis que le pouvoir intensifie sa traque contre l’opposition.
La crise post-électorale ougandaise vient de franchir un nouveau palier de violence. Alors que le pays est encore sous le choc de l’annonce des résultats de la présidentielle, le domicile de Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, a été le théâtre d’un raid militaire d’une rare brutalité dans la nuit du vendredi au samedi 24 janvier 2026. En l’absence de l’opposant, actuellement en fuite pour sa sécurité, c’est son épouse, Barbra Itungo Kyagulanyi, qui a subi de plein fouet l’assaut des forces de sécurité.
Un raid nocturne marqué par des scènes de violence
Selon les témoignages concordants recueillis depuis son lit d’hôpital, Barbra Kyagulanyi a été victime d’une agression physique et psychologique traumatisante. Des dizaines de soldats, décrits comme étant pour la plupart en état d’ébriété, ont investi la résidence familiale après avoir repéré un signal téléphonique.
L’épouse du leader de l’opposition raconte avoir été saisie par les cheveux, traînée au sol et étranglée par les assaillants qui exigeaient d’elle les mots de passe de son mari. Menacée d’une arme à feu et frappée contre les poteaux de son propre salon, elle a finalement été transportée d’urgence dans un centre de soins de Kampala, souffrant de multiples traumatismes.
Le domicile de l’opposant pillé et saccagé
Au-delà de l’agression physique, les soldats se sont livrés à un véritable pillage systématique de la propriété. Des photos publiées sur les réseaux sociaux par Bobi Wine montrent des pièces retournées et des biens de valeur emportés par les militaires. Pour l’entourage de l’ancien chanteur devenu homme politique, l’objectif de ce raid était limpide : terroriser Barbra Kyagulanyi pour forcer son mari à sortir de sa cachette.
Cette opération s’inscrit dans un climat de répression féroce visant à étouffer toute contestation après la réélection contestée de Yoweri Museveni, 81 ans, pour un septième mandat consécutif.
Un climat de terreur orchestré par le sommet de l’armée
La situation sécuritaire de Bobi Wine est d’autant plus préoccupante que des menaces de mort directes ont été proférées par le fils du président et chef de l’armée, Muhoozi Kainerugaba. Bien que ce dernier ait supprimé ses publications incendiaires, il a admis que les opérations militaires récentes avaient déjà coûté la vie à 30 membres de l’opposition et entraîné l’arrestation de plus de 2 000 partisans.
L’armée ougandaise semble avoir reçu carte blanche pour traquer les figures du parti Plateforme d’unité nationale (NUP), dont le leader avait déjà été victime de torture lors du précédent scrutin de 2021.
La communauté internationale appelée à une intervention urgente
Face à cette escalade, les avocats de Bobi Wine ont lancé un appel pressant aux Nations Unies et à l’Union européenne. Robert Amsterdam, conseil de l’opposant, exige des garanties immédiates et vérifiables pour la sécurité de son client et de sa famille. Alors que l’ONU et l’UE ont exprimé leur « profonde préoccupation » face aux violences post-électorales, le régime de Museveni, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 1986, continue de nier toute dérive dictatoriale.
Pour l’heure, Barbra Kyagulanyi demeure sous surveillance médicale, tandis que son époux reste introuvable, dénonçant depuis sa cachette un « vol électoral » manifeste soutenu par la force des baïonnettes.




