
En Ouganda, l’opposition affirme que son principal candidat, Bobi Wine, a été emmené vendredi soir vers une destination inconnue par des éléments de l’armée. Selon la Plateforme d’unité nationale, un hélicoptère militaire se serait posé dans sa résidence de Kampala, une version démentie par la police.
La tension a franchi un nouveau cap en Ouganda ce vendredi soir. Alors que le pays attend fiévreusement l’annonce des résultats définitifs de la présidentielle, la Plateforme d’unité nationale (NUP) a jeté l’effroi en annonçant l’enlèvement de son leader. Selon le parti d’opposition, un hélicoptère de l’armée aurait atterri directement dans la résidence de Bobi Wine pour l’emmener de force. Cette escalade intervient dans un climat de répression sanglante, alors que le président sortant Yoweri Museveni, 81 ans, s’apprête à entamer un septième mandat consécutif.
Un assaut militaire en pleine nuit à Kampala
L’incident s’est produit alors que Robert Kyagulanyi, de son vrai nom, était déjà encerclé par les forces de sécurité à son domicile depuis le jour du scrutin. Selon les cadres de la NUP, l’opération a été d’une rare violence : les gardes du corps de l’ancien chanteur auraient été sauvagement agressés avant que ce dernier ne soit engouffré dans l’appareil militaire.
Si la police ougandaise dément formellement ces informations, affirmant que l’opposant est en sécurité chez lui, le flou persiste sur sa localisation réelle. Pour ses partisans, cet acte vise à décapiter l’opposition avant la proclamation des chiffres officiels prévus ce samedi.
Des bureaux de vote transformés en scènes de crime
Le bilan humain de ces élections s’alourdit tragiquement. L’opposition dénonce une véritable boucherie dans certains de ses bastions, notamment dans le district de Butambala. Un député de la NUP a affirmé que dix jeunes agents de campagne ont été exécutés par l’armée à l’intérieur même de sa propriété.
Selon ses propos, les soldats auraient tenté de faire disparaître les preuves de ce massacre, ne laissant derrière eux que des « mares de sang ». De leur côté, les autorités militaires justifient ces tirs en affirmant avoir « mis hors d’état de nuire » des bandits qui projetaient d’attaquer des centres de dépouillement.
Museveni en tête sur fond de black-out numérique
Pendant que le « président du ghetto » disparaissait dans le ciel ougandais, la Commission électorale continuait d’égrener des chiffres largement favorables au pouvoir. Avec plus de 80 % des bulletins dépouillés, Yoweri Museveni est crédité de près de 74 % des voix, contre environ 22 % pour son rival.
L’opposition dénonce un manque total de transparence, pointant du doigt les coupures d’internet qui empêchent toute vérification indépendante des résultats locaux. Avec plus de 400 partisans arrêtés durant la campagne et des leaders emmenés de force, le scrutin de 2026 semble confirmer le verrouillage total de l’appareil sécuritaire par celui qui dirige le pays depuis quatre décennies.




