
La République Démocratique du Congo (RDC) a officiellement annoncé sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), marquant ainsi une nouvelle étape dans son engagement diplomatique au sein de l’espace francophone. Cette décision, qui vient d’être rendue publique, ouvre la voie à une bataille diplomatique de grande ampleur, notamment face au Rwanda, qui soutient la reconduction de l’actuelle secrétaire générale, Louise Mushikiwabo.
Selon une note d’information présentée par le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de la Francophonie et de la Diaspora, Crispin Mbadu Phanzu, la RDC entend désormais « assumer pleinement son leadership » au sein de l’OIF. Cette orientation stratégique s’inscrit dans une volonté affirmée de repositionner Kinshasa comme un acteur majeur de la Francophonie, tant sur le plan politique que culturel et diplomatique.
Une candidature aux enjeux hautement stratégiques
La désignation du prochain secrétaire général de l’OIF est prévue lors du Sommet de la Francophonie qui se tiendra les 15 et 16 novembre 2026 au Cambodge. Conformément au calendrier établi, les États membres ont jusqu’au 15 juin 2026 pour déposer officiellement leurs candidatures. La RDC a indiqué que l’identité de son candidat sera dévoilée d’ici à cette échéance.
Cette initiative congolaise intervient dans un contexte particulier, marqué par l’annonce par Kigali de la candidature de Louise Mushikiwabo à un éventuel troisième mandat à la tête de l’organisation. Pour Kinshasa, présenter un candidat constitue non seulement un acte de souveraineté diplomatique, mais aussi une réponse directe à l’influence croissante du Rwanda dans les instances internationales francophones.
Lors de la lecture du compte rendu du Conseil des ministres de ce vendredi, le porte-parole du gouvernement a souligné que la stratégie diplomatique congolaise repose sur une série d’actions déjà engagées et d’autres en perspective, accompagnées de recommandations visant à renforcer la position de la RDC au sein de l’OIF et à maximiser ses chances lors de l’élection.
Le poids du contexte sécuritaire régional
Cette compétition diplomatique s’inscrit également dans un climat de tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda. Kigali collabore avec la rébellion de l’AFC/M23, active dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où de vastes zones du territoire congolais demeurent sous occupation rebelle. De son côté, le Rwanda reproche à la RDC une collaboration présumée avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), considérées par Kigali comme une menace sécuritaire majeure.
Malgré la signature des accords de Washington sous les auspices de l’administration Trump, les relations entre les deux pays restent marquées par une profonde méfiance. Dans ce contexte, l’élection à la tête de l’OIF apparaît comme un nouvel espace de confrontation indirecte, où se jouent à la fois des questions d’influence régionale et de légitimité internationale.
Une ambition assumée pour Kinshasa
Avec cette candidature, la RDC ambitionne de faire entendre davantage sa voix au sein d’une organisation qui regroupe plus de 80 États et gouvernements et dont elle représente l’un des principaux bassins démographiques francophones. Pour les autorités congolaises, il s’agit non seulement de renforcer l’influence du pays sur la scène internationale, mais aussi de promouvoir une Francophonie plus attentive aux défis sécuritaires, politiques et de développement auxquels sont confrontés plusieurs de ses États membres.
À l’approche de l’échéance de juin 2026, tous les regards sont désormais tournés vers Kinshasa, dans l’attente de l’annonce du candidat congolais et des alliances diplomatiques qui se dessineront en vue du Sommet de Phnom Penh. Une chose est certaine : la course à la direction de l’OIF s’annonce particulièrement disputée.




