
Un grave éboulement survenu dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026 dans les mines artisanales de Rubaya, au Nord-Kivu, a fait au moins 200 morts.
La catastrophe, déclenchée par de fortes pluies, met une nouvelle fois en lumière l’extrême dangerosité de l’exploitation minière artisanale dans l’est de la République démocratique du Congo, une région riche en coltan mais minée par l’insécurité et l’absence de régulation.
Une colline s’effondre après de fortes pluies
Le drame s’est produit sur le site minier de Rubaya, dans le territoire de Masisi, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Goma. Mercredi 28 janvier, vers 15 heures, de fortes pluies se sont abattues sur la région, fragilisant un sol déjà instable en cette saison pluvieuse. Plusieurs glissements de terrain se sont succédé avant qu’une colline entière ne s’effondre progressivement, ensevelissant des dizaines de puits d’extraction artisanaux.
La majorité des victimes se trouvaient à l’intérieur des galeries souterraines au moment de l’effondrement. Selon les autorités locales, au moins 200 personnes ont péri, un bilan encore provisoire qui pourrait s’alourdir à mesure que les recherches se poursuivent.
Des blessés pris en charge, une mine fermée
Les structures sanitaires locales ont rapidement été saturées. Au Centre de santé de référence de Rubaya, plusieurs blessés graves ont été admis. « Ils étaient dans un très mauvais état à leur arrivée. Aujourd’hui, leur état s’améliore, sauf un patient qui reste dans le coma », explique Anita Izabiriza, infirmière titulaire.
Bahati Musanga Erasto, gouverneur du Nord-Kivu selon l’administration parallèle mise en place par l’AFC/M23, qui contrôle la zone depuis janvier 2025, s’est rendu sur place. Il a annoncé la prise en charge médicale des blessés, l’évacuation des habitations situées dans les zones à haut risque et la fermeture temporaire de la mine de Rubaya afin de permettre l’extraction de tous les corps. L’accès aux sites miniers a également été interdit aux femmes enceintes et aux enfants.
Lire aussi : RDC : l’effondrement meurtrier d’un pont minier à Mulondo relance l’alerte sur l’exploitation artisanale
Une tragédie révélatrice des dérives de l’exploitation artisanale
La mine de Rubaya est l’un des sites de coltan les plus productifs d’Afrique centrale, avec une production estimée par l’ONU à près de 120 tonnes par mois. L’exploitation y est essentiellement artisanale, sans normes de sécurité suffisantes, dans une zone régulièrement touchée par des inondations et des glissements de terrain.
Les éboulements meurtriers y sont fréquents. En juin dernier déjà, au moins 17 corps avaient été extraits des puits du site minier de Bibatama, toujours dans le territoire de Masisi. Des défenseurs des droits humains dénoncent l’absence totale de mécanismes de protection des creuseurs artisanaux et pointent la responsabilité d’un système d’exploitation alimenté par des circuits commerciaux internationaux indifférents aux conditions de travail sur le terrain. Dans une région sous contrôle de groupes armés, difficilement accessible aux journalistes et aux organisations humanitaires, le drame de Rubaya rappelle une fois de plus le coût humain considérable de l’extraction des minerais stratégiques dans l’est de la RDC.



