Nigeria : plus de 30 morts dans une série de raids meurtriers


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L'armée nigériane

La terreur a de nouveau frappé le Nigeria ce week-end. Dans l’État du Niger, au centre-nord du pays, une attaque d’une violence extrême a plongé plusieurs localités dans la désolation. Ce dimanche 4 janvier, la police a confirmé un lourd bilan. Plus de trente personnes ont perdu la vie et de nombreuses autres ont disparu.

Une fois encore, les forces de sécurité peinent à protéger les zones rurales face aux réseaux criminels.

Le chaos s’invite au marché de Kasuwan Daji

L’attaque a commencé en plein après-midi, vers 16h30. Des dizaines d’hommes armés, circulant à moto, ont pris d’assaut le marché de Kasuwan Daji, dans le village de Demo. Selon plusieurs témoignages, les assaillants ont ouvert le feu sans distinction. Commerçants et clients n’ont eu aucune chance.

Après les exécutions, les « bandits » (nom donné localement à ces gangs armés) ont incendié les étals. Ils ont ensuite pillé méthodiquement les boutiques. Leur objectif était clair : nourriture et biens de valeur. Le groupe s’est ensuite replié dans la brousse, et emmené plusieurs otages.

Une série de raids coordonnés sans riposte immédiate

L’attaque de samedi ne constitue pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une offensive plus large. Des survivants affirment que les violences ont débuté dès vendredi dans les localités d’Agwarra et de Borgu. Khalid Pissa, témoin des événements, évoque un bilan encore plus lourd. Selon lui, près de quarante personnes auraient été abattues.

Les blessés dénoncent l’absence totale des forces de sécurité pendant de longues heures. Dauda Shakulle, l’un d’eux, décrit une situation de panique absolue. Femmes et enfants n’ont pas été épargnés par la violence des assaillants.

L’État du Niger, épicentre d’un banditisme hors de contrôle

Cette nouvelle tragédie survient dans un contexte sécuritaire déjà très dégradé. L’État du Niger est devenu une cible privilégiée des gangs armés. Il y a quelques semaines à peine, la région avait attiré l’attention internationale après l’enlèvement de plus de 250 élèves et membres du personnel d’une école catholique.

Les otages ont fini par être libérés après un mois de captivité. Le traumatisme, lui, demeure profond. Ces groupes combinent pillages de survie et enlèvements contre rançon. Leur mode opératoire fragilise durablement l’économie locale et pousse des milliers de familles à fuir.

Une traque difficile dans l’arrière-pays nigérian

Wasiu Abiodun, porte-parole de la police de l’État du Niger, affirme que les forces de sécurité poursuivent les recherches. Les autorités tentent de localiser les otages et de sécuriser la zone. Mais la tâche s’annonce complexe.

L’armée nigériane peine à contenir des groupes très mobiles et lourdement armés. Ils opèrent dans des zones reculées et difficiles d’accès. Malgré les opérations en cours, les attaques se multiplient dans le nord-ouest et le centre-nord du pays. Cette recrudescence interroge sur l’efficacité des stratégies actuelles face à une menace qui semble se reconstituer après chaque offensive.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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