
Dans un contexte d’escalade militaire et de pression diplomatique régionale, l’Angola a annoncé mardi une proposition de cessez-le-feu entre le gouvernement de la RDC et le groupe rebelle M23, le 18 février à compter de midi.
Face à la recrudescence des combats à l’est de la RDC, l’Angola tente une nouvelle médiation visant un cessez-le-feu dès le 18 février entre Kinshasa et les rebelles du M23 L’initiative, relayée par la présidence angolaise, fait suite à plusieurs jours de concertations de plusieurs acteurs africains engagés dans la médiation du conflit qui secoue l’est de la RDC depuis plus de quatre ans.
Une médiation régionale de l’Angola au cœur de l’offensive diplomatique
La proposition angolaise fait suite à une rencontre diplomatique tenue lundi à Luanda entre le président angolais, João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine, le Président congolais Félix Tshisekedi, le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé (médiateur désigné par l’UA) et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, représentant des facilitateurs africains du processus de paix en RDC.
Selon le communiqué officiel, l’entrée en vigueur du cessez-le-feu reste conditionnée à une « déclaration publique d’acceptation » des parties concernées et s’inscrit dans une dynamique plus large de reprise des discussions politiques, dont le lancement en vue d’un dialogue intercongolais à Luanda sera annoncé ultérieurement.
Le contexte militaire et humanitaire dans l’est de la RDC
Le groupe armé M23 a imposé une présence significative sur le terrain depuis le début de l’année 2025, prenant notamment le contrôle de villes clés comme Goma et Bukavu lors d’une offensive majeure, exacerbant l’instabilité dans l’est du pays.
Le conflit oppose depuis plusieurs années les forces gouvernementales aux rebelles du M23, soutenus par le Rwanda. La violence a fait des milliers de morts et provoqué des déplacements massifs de populations, dans ce que de nombreux observateurs internationaux décrivent comme l’une des crises humanitaires les plus graves de la région des Grands Lacs.
Face à cette situation, la Communauté internationale, y compris l’Union africaine, a appelé à des solutions politiques et à des cessez-le-feu durables. Une déclaration de l’International Contact Group exprimait dès 2025 une « conviction qu’il n’y a pas de solution militaire » au conflit, soulignant la nécessité de relancer les négociations sous les cadres du Processus de Luanda et du Processus de Nairobi.
Les défis du dialogue intercongolais à venir
La proposition de cessez-le-feu angolaise est faite à un moment crucial. D’une part, elle cherche à créer un climat politique propice à un dialogue élargi, en évitant que les hostilités se poursuivent sur le terrain au prix de nouvelles pertes humaines et de déplacements civils. D’autre part, elle souligne l’effort de l’UA et des dirigeants africains pour reprendre la main face à une crise régionale souvent dominée par des médiations externes.
Cependant, des questions subsistent quant à l’acceptation réelle de cette trêve par toutes les parties. Dans le passé, des accords de cessez-le-feu avaient déjà été proposés, voire signés dans des cadres internationaux comme à Doha ou sous l’égide de la MONUSCO, sans toutefois mettre fin aux combats sur le terrain ou convaincre le M23 de respecter pleinement leurs termes.
Un point crucial demeure : le dialogue intercongolais préparé à Luanda devra dépasser la simple cessation des hostilités pour aborder les causes profondes du conflit, notamment les questions de gouvernance locale, d’intégration des combattants, et de restructuration sécuritaire dans l’est du pays.
Perspectives et défis
La décision angolaise d’avancer une date pour le cessez-le-feu, assortie de pressions diplomatiques, marque une tentative de relancer un processus de paix longtemps entravé par des obstacles politiques, des méfiances réciproques et des intérêts géopolitiques régionaux. Le gouvernement de Kinshasa a réaffirmé son ouverture au dialogue politique, tout en insistant pour que celui-ci soit conduit dans le respect des institutions démocratiques congolaises.
Pour que cet espoir de paix se concrétise, il faudra répondre à plusieurs défis :
- Une acceptation claire et publique du cessez-le-feu par le M23 et les forces gouvernementales.
- La mise en place de mécanismes de vérification crédibles pour prévenir les violations du cessez-le-feu.
- Une feuille de route politique inclusive pour le dialogue intercongolais, intégrant non seulement les belligérants, mais aussi la société civile et les autorités locales.
- Un soutien régional et international coordonné garantissant que les engagements pris soient respectés.
Au total, la proposition angolaise de cessez-le-feu à partir du 18 février 2026 représente une étape importante dans une crise qui perdure depuis des mois. Si elle offre un espoir tangible de désescalade, sa mise en œuvre dépendra de nombreux facteurs diplomatiques et politiques encore incertains. Le monde observe désormais, et pour des millions de Congolais de l’est, l’attention se porte désormais sur l’évolution de ces négociations et sur la promesse d’une paix durable.




