
La MONUSCO prépare son retour progressif à Uvira, dans le Sud-Kivu, après son retrait en 2024. Des vols de reconnaissance doivent précéder toute présence au sol afin d’évaluer les risques sécuritaires. L’opération s’inscrit dans les efforts de stabilisation liés au cessez-le-feu. Son succès dépendra toutefois du respect des engagements diplomatiques sur le terrain.
Le Sud-Kivu s’apprête à voir revenir les Casques bleus sur son sol, marquant un tournant dans la gestion sécuritaire de la région. Après s’être retirée de cette province en 2024, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) prépare activement sa réinstallation. Ce processus, validé lors des échanges récents entre le président Félix Tshisekedi et Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations unies, place la ville d’Uvira au cœur de cette première phase de redéploiement.
Une approche aérienne sous haute surveillance
Le retour des forces onusiennes ne se fera pas de manière impromptue. La stratégie retenue repose sur une séquence rigoureuse qui débute par l’ouverture d’une ligne aérienne et des vols de reconnaissance. Ces opérations visent à cartographier la zone et à évaluer les risques environnementaux et militaires avant tout mouvement de troupes.
Toutefois, ces survols sont strictement subordonnés à l’obtention de garanties sécuritaires fermes. Jean-Pierre Lacroix a été très clair sur ce point en rappelant que le personnel onusien ne sera pas exposé à des risques de brouillage électronique ou à la présence de drones hostiles dans le voisinage immédiat des appareils.
Le défi logistique du départ de Goma
L’un des obstacles majeurs de cette opération réside dans la provenance des vols. La planification prévoit que les hélicoptères décollent de Goma, un centre névralgique dont l’aéroport est fermé depuis plus d’un an en raison de l’occupation des zones environnantes par les rebelles de l’AFC/M23.
Cette contrainte technique souligne la complexité du redéploiement dans un espace aérien contesté. La mission cherche donc à sécuriser des couloirs de vol fiables pour assurer la liaison vers Uvira, préalable indispensable au déploiement des effectifs au sol qui suivra cette phase d’observation.
Un déploiement terrestre pour stabiliser le cessez-le-feu
Une fois la reconnaissance aérienne terminée et les conditions de sécurité validées, la MONUSCO entamera une présence physique limitée à Uvira. Cette implantation au sol est destinée à monter en puissance de manière progressive afin de remplir une mission cruciale de vérification et d’observation du cessez-le-feu.
Bien que le volume exact des troupes n’ait pas encore été communiqué, l’objectif est de marquer la présence internationale avant l’obtention d’un mandat complet attendu pour le mois de mars. Cette étape de transition doit permettre de tester l’efficacité du nouveau dispositif sur le terrain.
Une paix suspendue à l’engagement diplomatique
Si l’ONU prend l’initiative sur le plan opérationnel, elle rappelle avec insistance qu’elle ne peut porter seule le fardeau de la paix. La réussite de ce retour à Uvira et la pérennité du calme dans le Sud-Kivu dépendent directement de l’implication des garants internationaux. Les accords conclus sous l’égide de Washington, de Doha ou de l’Union africaine nécessitent une pression diplomatique constante.
Pour les responsables onusiens, sans un engagement ferme des puissances médiatrices pour faire respecter les engagements pris par les différentes parties, le déploiement militaire risque de se heurter aux mêmes impasses que par le passé.




