RDC : le ministre des Mines dément toute vente de ressources aux États-Unis


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Drapeau de la République Démocratique du Congo
Drapeau de la République Démocratique du Congo

À l’occasion du Mining Indaba 2026 au Cap, Kinshasa a voulu couper court aux spéculations sur un supposé bradage de ses richesses minières aux États-Unis. Le ministre des Mines a assuré qu’aucune vente de ressources n’avait été conclue. Le gouvernement évoque plutôt un cadre de dialogue stratégique et des projets encadrés par le code minier congolais. La RDC affirme vouloir rester maîtresse de ses choix dans la compétition mondiale autour des minerais critiques.

En plein cœur du prestigieux sommet Mining Indaba 2026 au Cap, le gouvernement de la République démocratique du Congo a tenu à clarifier sa position diplomatique et commerciale. Face aux rumeurs persistantes suggérant un « bradage » des richesses nationales au profit de la puissance américaine, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a fermement démenti toute vente occulte des ressources du pays.

Un cadre de discussion plutôt qu’une cession de ressources

L’accord entériné en décembre dernier à Washington ne constitue pas un contrat de vente, mais définit un périmètre de dialogue stratégique entre les deux nations. Selon les précisions fournies par l’exécutif congolais, ce protocole établit une plateforme d’échanges portant sur des projets d’intérêt mutuel.

Kinshasa a d’ailleurs déjà transmis une liste de projets prioritaires qui feront l’objet d’analyses approfondies par un comité de pilotage conjoint. Le ministre a martelé que tout investissement futur devra impérativement s’aligner sur les exigences strictes du code minier congolais, balayant ainsi les craintes d’une souveraineté bafouée.

Le respect de la légalité et de la souveraineté nationale

La stratégie de la RDC repose sur une valorisation contrôlée de son sous-sol, dont seulement 10 % du potentiel est actuellement exploité. Dans ce contexte, les discussions avec les partenaires américains visent à attirer des capitaux pour développer les 90 % restants, tout en garantissant que les bénéfices contribuent au développement socio-économique des 120 millions de Congolais.

Le gouvernement insiste sur le fait que la signature de ce cadre de discussion s’inscrit dans une logique de partenariat gagnant-gagnant, où l’accès aux minerais critiques comme le cobalt, le coltan ou le lithium est conditionné par le respect des lois nationales et la création de valeur locale.

Une neutralité affichée face à la rivalité sino-américaine

Interrogé sur la compétition féroce que se livrent les États-Unis et la Chine pour le contrôle des minerais stratégiques en Afrique, le ministre Watum Kabamba a choisi de placer les intérêts de son pays au-dessus des tensions géopolitiques globales. Affirmant que « la RDC doit jouer son propre jeu », il a rappelé que le pays dispose de suffisamment de ressources pour accueillir une pluralité d’investisseurs.

En comparant le rôle actuel de la RDC à celui de l’Arabie saoudite durant le boom pétrolier des années 1980, Kinshasa revendique sa place de leader mondial, indispensable aux industries de défense, à l’intelligence artificielle et aux technologies vertes.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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