Nigeria : l’armée repousse un assaut djihadiste aux portes de Maiduguri


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Boko Haram
Boko Haram

L’armée nigériane affirme avoir repoussé une tentative d’attaque djihadiste contre un poste militaire situé aux abords de Maiduguri, capitale de l’État de Borno. L’assaut, attribué à des combattants présumés de Boko Haram, a été rapidement neutralisé après de violents échanges de tirs. Aucun civil ni militaire n’a été tué, mais plusieurs assaillants auraient été abattus.

La capitale de l’État de Borno, Maiduguri, a été secouée par une violente tentative d’infiltration dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 mars 2026. Alors que la ville jouissait d’un calme relatif depuis plusieurs années, des combattants présumés du groupe Boko Haram ont pris pour cible un poste militaire stratégique situé en périphérie.

Une attaque nocturne rapidement contenue

L’assaut a débuté aux alentours de minuit dans le quartier d’Ajilari Cross, une zone sensible située au sud-ouest de la ville, à proximité immédiate de l’aéroport. Selon les témoignages des riverains, les échanges de tirs ont duré au moins quarante minutes. Les assaillants, qui se déplaçaient à pied, ont tenté de submerger la base militaire locale avant d’être contraints à la retraite par une riposte ferme des forces de défense nigérianes.

Les services de secours et les autorités locales confirment qu’aucune victime n’est à déplorer parmi les civils ou les militaires. En revanche, le bilan côté assaillants fait état de quatre corps retrouvés sur les lieux. Cette victoire tactique a été accueillie avec soulagement par la population locale, qui craint un retour aux années sombres de la décennie 2010, marquées par des attentats quotidiens.

Une recrudescence des tensions dans le Nord-Est

Si Maiduguri n’avait pas subi d’assaut direct d’une telle ampleur depuis les tirs de mortier de 2021, la situation dans les campagnes environnantes reste préoccupante. Les groupes Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont intensifié leurs opérations ces derniers mois, multipliant les attaques coordonnées contre des positions militaires. Pas plus tard que la semaine dernière, des offensives similaires ont coûté la vie à quatorze personnes, dont dix soldats, dans la région.

Parallèlement à l’incident d’Ajilari Cross, une autre attaque simultanée a été signalée dans la circonscription de Damboa, à plusieurs dizaines de kilomètres au sud. Là encore, l’armée nigériane affirme avoir repris le contrôle de la situation. Ces événements soulignent la persistance de cellules dormantes capables de frapper des centres urbains que l’on pensait sécurisés.

Un contexte de militarisation accrue

Cette tentative d’incursion intervient dans un climat international tendu. Les États-Unis ont récemment annoncé le déploiement de 200 soldats au Nigeria pour soutenir les forces locales dans leur lutte contre l’insurrection. Ce soutien étranger arrive alors que le débat sur la protection des populations civiles et la nature confessionnelle du conflit s’intensifie, bien que les analystes rappellent que les victimes de Boko Haram sont issues de toutes les communautés religieuses.

Depuis le début de l’insurrection en 2009, le conflit a provoqué la mort de plus de 40 000 personnes et le déplacement de deux millions de civils. Malgré les succès récents de l’armée à Maiduguri, la porosité des frontières et la résilience des groupes armés continuent de faire peser une menace constante sur la stabilité de la région du lac Tchad.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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