
Premier choix de la draft 2026, l’ailier des Washington Wizards est le fils d’un Brazzavillois passé par l’Essonne. Après quatre matchs manqués sur entorse, il a fait ses débuts en NBA mercredi soir à Cleveland, avec 19 points. Au Congo, on l’attendait.
AJ Dybantsa a enfin joué. Absent des quatre premiers matchs des Washington Wizards à cause d’une entorse à la cheville gauche, contractée le 16 octobre lors du dernier match de présaison à La Nouvelle-Orléans, le premier choix de la draft, sélectionné le 23 juin, a fait ses débuts en NBA ce mercredi 28 octobre sur le parquet des Cleveland Cavaliers. Titulaire, l’ailier de 19 ans a inscrit 19 points à 8 sur 12 au tir en 26 minutes, dont 9 dans le premier quart-temps. Il termine meilleur marqueur de son équipe, battue 121-111.
Anicet avant AJ
Derrière le surnom américain se cache un prénom bien congolais. AJ signifie « Anicet Junior » car le joueur porte le prénom de son père, Anicet « Ace » Dybantsa, né à Brazzaville à la fin des années 1960. Sa mère, Chelsea, est originaire de la Jamaïque.
Le couple élève ses trois enfants à Brockton, près de Boston, où Ace travaille notamment comme policier sur le campus de Boston University. C’est aujourd’hui lui qui gère la carrière de son fils, sans agent classique.
L’escale de Grigny
Avant les États-Unis, il y a eu la France. Arrivé en 1980, Ace Dybantsa y a vécu environ huit ans. Il est passé par Tours, Compiègne et Épinal, mais surtout par Grigny, dans l’Essonne, qu’il a quitté en janvier 1989, selon un entretien accordé à BeBasket.
Il en garde le souvenir d’un élève turbulent, renvoyé de plusieurs écoles. Devenu père, il s’est montré bien plus exigeant. Quand son fils lui a annoncé vouloir devenir professionnel, il lui a rappelé qu’« il y a plus de docteurs et d’avocats que de joueurs NBA ».
Le lien avec la France ne s’est jamais rompu. Depuis l’été 2018, AJ a passé plusieurs vacances à Trappes, dans les Yvelines, chez des cousines de son père, et compte plus d’une dizaine de séjours dans l’Hexagone. En juin, quelques jours avant la draft, Ace l’a emmené pour la première fois à Grigny, sur les traces de sa jeunesse.
De Brockton à BYU
Né à Boston le 29 janvier 2007, AJ Dybantsa s’impose tôt comme le meilleur espoir de sa génération. Passé par trois lycées, du Massachusetts à l’Utah, il remporte trois titres mondiaux avec les sélections de jeunes américaines, dont la Coupe du monde U19 2025, où il est élu MVP.
À BYU, il termine meilleur marqueur de NCAA avec 25,5 points par match et inscrit 43 points contre Utah, un record pour un joueur de première année de l’université. En présaison NBA, il a tourné à 12,8 points en quatre matchs.
Quatrième n°1 lié à l’Afrique
Dybantsa entre dans un club très fermé. En 80 drafts, seuls trois autres premiers choix avaient un lien direct avec l’Afrique. Les Nigérians Hakeem Olajuwon (1984), futur double champion NBA, et Michael Olowokandi (1998) sont tous deux nés à Lagos. Le Français Victor Wembanyama (2023) a un père d’origine RD congolaise.
Les deux Congo comptent ainsi deux n°1 de draft en quatre ans. La cuvée 2026 a d’ailleurs été riche en profils africains avec une dizaine de joueurs, dont six d’origine nigériane. Parmi eux, Felix Okpara, choisi en 46e position, est désormais le coéquipier de Dybantsa à Washington.
À Brazzaville, on y croit
Au Congo, le phénomène est suivi de près. Innocent, jeune basketteur de Brazzaville, n’a aucun doute : « Dybantsa, je le suis depuis plus d’un an, c’est un prodige, du même niveau que Wemby. Il va exploser rapidement en NBA. »
Reste une question que beaucoup se posent, celle du maillot. AJ Dybantsa a toujours joué pour les États-Unis chez les jeunes. Il s’est fixé les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 comme objectif, sans préciser sous quelles couleurs.







