Trump et la Libye : après l’insulte, l’apaisement


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Les propos injurieux de Donald Trump avaient provoqué une rare convergence entre les camps rivaux libyens. Depuis, la tension retombe : l’ambassade de Libye à Washington fait état d’excuses d’une responsable américaine, tandis que le gouvernement de l’Est retire son communiqué de condamnation. Le président américain, lui, a changé de ton sans présenter d’excuses explicites dans son message public.

Une insulte avait suffi à mettre d’accord les adversaires libyens, et l’apaisement s’amorce désormais à coups de compliments présidentiels et d’échanges diplomatiques. Mardi 27 octobre, l’ambassade libyenne à Washington a annoncé qu’une responsable du département d’État avait exprimé ses regrets et présenté ses excuses après la polémique déclenchée par Donald Trump. Dans l’Est, le gouvernement d’Oussama Hamad a, de son côté, retiré son communiqué contre le président américain.

Après les protestations communes, les autorités libyennes multiplient désormais les signes d’ouverture envers Washington.

Des excuses rapportées par l’ambassade libyenne

Selon le compte rendu de l’ambassade, relayé par le média libyen Al-Wasat, Leslie Hayden, directrice des affaires d’Afrique du Nord au département d’État, a exprimé ses regrets et ses excuses lors d’une rencontre avec le chargé d’affaires libyen, Mahmoud Al-Ftissi. L’entretien s’est tenu lundi 26 octobre à Washington ; son contenu a été rendu public le lendemain.

Ces excuses sont donc attribuées à une responsable américaine par la représentation libyenne. À ce stade, le département d’État ne les a pas confirmées publiquement, et Donald Trump ne s’est pas excusé lui-même.

L’ambassade souligne également la volonté des deux parties de poursuivre le dialogue et de développer leur coopération, y compris en matière d’investissements. Le chargé d’affaires libyen a, pour sa part, salué les récentes déclarations positives de Donald Trump.

De Tripoli à Benghazi, une même indignation

La crise avait commencé samedi 24 octobre, à Perry, en Géorgie. En attaquant le sénateur démocrate Jon Ossoff sur l’immigration, Donald Trump avait cité la Libye, le Yémen, Haïti et la Somalie parmi des pays qu’il décrivait comme gangrenés par le terrorisme. Il avait ensuite employé l’expression « shithouse countries », que l’on peut traduire par « pays de merde ».

Dimanche, le ministère des Affaires étrangères du gouvernement de Tripoli avait annoncé la convocation de la chargée d’affaires américaine pour lui signifier une protestation officielle. Abdelhamid Dbeibah avait rejeté l’utilisation de la Libye dans les affrontements électoraux américains, rappelant les sacrifices des Libyens contre le terrorisme.

Le Conseil présidentiel avait réclamé des excuses et une rectification. Dans l’Est, le gouvernement d’Oussama Hamad avait lui aussi exigé une rétractation et des excuses formelles. Des institutions qui se disputent la légitimité se retrouvaient ainsi à défendre ensemble l’honneur du pays.

Le gouvernement de l’Est retire sa condamnation

Donald Trump avait changé de registre dès la nuit de dimanche à lundi sur Truth Social. Son message saluait la fierté, la résilience et l’hospitalité des Libyens, reconnaissait leur contribution à la lutte contre l’organisation État islamique et réaffirmait le soutien américain à l’unification des institutions et à des élections nationales.

Ce texte ne contenait toutefois pas d’excuses explicites. Il conservait aussi une injonction migratoire : le président américain demandait que la Libye cesse de servir de couloir à la migration irrégulière.

Le gouvernement d’Oussama Hamad a néanmoins accueilli favorablement ce changement de ton. Dans un nouveau communiqué, rapporté par Al-Wasat, il annonce le retrait de sa précédente déclaration et souhaite renforcer les relations avec les États-Unis.

L’épisode n’a pas pour autant réconcilié les pouvoirs rivaux libyens, qui ont trouvé le temps d’une protestation un terrain d’entente avant d’emprunter chacun la voie de la désescalade. Au matin du 28 octobre, l’ambassade libyenne fait état d’excuses obtenues à Washington et le gouvernement de l’Est a retiré sa condamnation, mais Donald Trump n’a toujours pas présenté d’excuses personnelles

Ali Attar
Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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