
Deux jours après la mort violente de Mgr Osório Citora Afonso, évêque de Quelimane, les autorités mozambicaines n’ont toujours pas avancé de mobile précis. Le prélat a été tué par balle dans sa propre résidence épiscopale. Alors que l’Église locale est sous le choc, les premières investigations n’ont pas encore permis de dégager de piste sérieuse.
Un évêque tué au cœur de sa résidence
Quarante-huit heures après l’assassinat de Mgr Osório Citora Afonso, le Mozambique reste suspendu à une question fondamentale : qui avait intérêt à s’en prendre à l’évêque de Quelimane ? Le prélat de 54 ans a été retrouvé mort samedi 6 juin au matin dans la résidence épiscopale, située dans la province de Zambézie. Selon les premiers éléments transmis par l’Église et les forces de l’ordre, il a été touché par balle, notamment à la poitrine, dans des circonstances qui demeurent obscures.
Son corps a été découvert dans un couloir du bâtiment. Si les services d’enquête criminelle mozambicains ont rapidement confirmé l’ouverture d’une enquête, aucun suspect n’a été identifié, il n’y a pas de mobile avancé et aucune revendication n’a été formulée pour le moment. Ce silence officiel ne fait qu’amplifier l’émotion et les interrogations dans le pays.
Mgr Osório Citora Afonso était une figure importante de l’Église mozambicaine. Missionnaire de la Consolata, il avait été nommé évêque de Quelimane en 2025. Il cumulait cette charge avec celle d’administrateur apostolique de l’archidiocèse de Beira, un rôle qui lui donnait un poids particulier au sein de l’Église catholique du pays. C’est pourquoi l’onde de choc de sa disparition dépasse largement les frontières de son seul diocèse.
Un crime sans mobile officiel
Cet assassinat survient dans un contexte national déjà marqué par de fortes tensions sécuritaires, en particulier dans le nord du pays. Pour autant, rien n’indique à ce stade un lien avec l’insurrection jihadiste qui ensanglante la province de Cabo Delgado depuis plusieurs années. Les faits dessinent d’abord une attaque ciblée visant un haut responsable religieux dans son lieu de vie. Mais ses motivations restent à déchiffrer : acte politique, crime crapuleux, règlement de comptes ou opération planifiée ?
La réaction du monde catholique a été immédiate. La Conférence épiscopale du Mozambique a invité les fidèles à garder leur sérénité, tout en qualifiant les circonstances de la mort d’« étranges » et en demandant que toute la lumière soit faite. Le Vatican a lui aussi réagi, le pape Léon XIV a dit sa tristesse face à ce « grave acte de violence » et s’est uni dans la prière au peuple mozambicain. Le président Daniel Chapo a, pour sa part, salué la mémoire d’un homme attaché aux valeurs de paix, de réconciliation et de service pastoral.
Au-delà de la perte humaine, le symbole est fort avec la disparition d’une voix de paix abattue dans un lieu censé lui garantir la sécurité. La question centrale reste entière. Les enquêteurs doivent désormais déterminer qui a visé Mgr Osório Citora Afonso, pour quelles raisons, et si un commanditaire se trouve derrière ce meurtre.





